par Mantik Kusjanto

WELLINGTON (Reuters) - La police néo-zélandaise a dû forcer des systèmes de verrouillage électroniques pour pénétrer vendredi dans la villa de Kim Dotcom, fondateur du site Megaupload.com, fermé sur ordre de la justice américaine pour violation des droits d'auteur.

Trois autres responsables de la plate-forme de partage de fichiers ont été interpellés dans le cadre de cette enquête. Ils sont accusés d'avoir entraîné plus de 500 millions de dollars de perte pour les ayant-droits et généré illégalement 175 millions de dollars de profit via les abonnements et la publicité.

Kim Dotcom, homme d'affaires allemand également connu sous le nom de Kim Schmitz, a refusé d'ouvrir aux policiers néo-zélandais qui se sont présentés à la villa où il résidait, au nord d'Auckland, a raconté samedi l'inspecteur Grant Wormald.

"Bien que notre équipe se soit présentée clairement, M. Dotcom s'est retranché dans la maison et a activé des mécanismes de verrouillage électronique", a-t-il poursuivi.

Plusieurs dizaines de membres des forces de l'ordre et des hélicoptères avaient été dépêchés sur place. Ils ont dû forcer l'entrée de la propriété et la chambre forte où Kim Schmitz s'était barricadé.

"Lorsqu'ils sont parvenus à entrer dans cette pièce, ils ont découvert M. Dotcom avec une arme à côté de lui qui avait l'air d'un fusil à canon scié. Il ne suffisait vraiment pas d'aller frapper à la porte", a souligné l'inspecteur.

Deux armes à feu ont été saisies et un néo-zélandais de 55 ans arrêté en possession d'un pistolet a été inculpé pour port d'arme illégal. La police a par ailleurs saisi plusieurs ordinateurs et divers documents. Dix millions de dollars néo-zélandais (six millions d'euros) ont en outre été gelés sur les comptes de plusieurs établissements financiers.

Plusieurs voitures, dont une Cadillac rose et une Rolls-Royce Phantom Drophead Coupé, ont en outre été emmenées, comme le montre les images tournées par les chaînes de télévision.

L'opération a été menée en collaboration avec le FBI.

"Notre objectif est maintenant d'achever toutes les formalités judiciaires avant la prochaine audience, prévue lundi", a ajouté l'inspecteur Wormald. "L'équipe du FBI qui travaille avec nous va continuer à le faire pendant quelques jours".

La fermeture sans précédent de Megaupload est venue ajouter à l'effervescence suscitée par deux projets de loi visant à renforcer la lutte contre le téléchargement illégal aux Etats-Unis. Pour protester contre la fermeture de la plate-forme, des pirates informatiques s'en sont pris entre autres aux sites internet du département américain de la Justice et d'Universal Music.

Jean-Philippe Lefief pour le service français

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