Arsène Tchakarian, dernier survivant du célèbre "groupe Manouchian" qui avait résisté à l'occupant nazi, est décédé à l'âge de 101 ans.

Arsène Tchakarian en 2011
Arsène Tchakarian en 2011 © AFP / Olivier Saget

Né en Turquie en 1916 en plein génocide arménien, arrivé à Paris en 1930, Arsène Tchakarian s'était illustré pendant la guerre au sein de ce groupe de résistants que les Nazis avaient ciblés dans la fameuse "Affiche rouge".

Le réseau Manouchian était constitué de 23 résistants communistes, Français ou étrangers (dont une femme), Arméniens ou Juifs  échappés à la rafle du Vel'd'Hiv de juillet 1942. Le groupe était dirigé par un Arménien, Missak Manouchian, membre des Francs-tireurs et partisans. 

Ils sont arrêtés en novembre 1943 et jugés en février 1944, condamnés à mort le 21 février 1944 et ont été fusillés le même jour au fort du Mont-Valérien. Olga Bancic, la seule femme du groupe, a été décapitée quelques semaines plus tard, à Stuttgart. 

L'Affiche Rouge, placardée par les Nazis, pour dénoncer les membres du groupe Manouchian
L'Affiche Rouge, placardée par les Nazis, pour dénoncer les membres du groupe Manouchian / Domaine Public

Infatigable témoin de la Résistance

Installé après-guerre dans un pavillon de Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) qu'il avait transformé en centre d'archives, Arsène Tchakarian, vieil homme alerte continuait jusqu'à peu à écumer lycées et collèges pour offrir son témoignage sur l'Occupation et militer pour la reconnaissance du génocide arménien. 

Il a milité sans relâche pour la reconnaissance du génocide et les droits du peuple arménien. 

"Modeste et humble, c'est pourtant un grand homme qui nous quitte aujourd'hui que le Parti communiste est fier d'avoir compté dans ses rangs", a réagi Pierre Laurent, secrétaire national du PCF. 

Avec son décès s'éteint le dernier survivant du groupe fondé pendant l'Occupation par son ami Missak Manouchian, un journaliste dont il partageait les origines arméniennes et l'engagement communiste.  

Après le démantélement du groupe et l'exécution de ses membres, Arsène Tchakarian, qui s'était caché à Paris grâce à un policier, a été exfiltré vers Bordeaux où il a continué à servir la Résistance jusqu'à la Libération.  

Bardé de décorations après la guerre, il devra toutefois patienter jusqu'en 1958 pour être naturalisé français et il reprendra son activité de tailleur.  Promu à titre exceptionnel officier de la Légion d'honneur en 2012, il était père de six enfants. 

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