Assia Djebar devient académicienne en 2005
Assia Djebar devient académicienne en 2005 © Radio France / C Stephan

Elle fut l'une des grandes voix de l'émancipation des femmes musulmanes et du dialogue des cultures : Assia Djebar est morte vendredi à Paris à 78 ans. Elle a publié une vingtaine d'ouvrages du roman au témoignage, et était rentrée à l'Académie française en 2005.

Lauréate peu de temps avant (en 2000) du prix allemand de la Paix, Assia Djebar a aussi été citée comme possible prix Nobel de littérature à plusieurs reprises. Née Fatima Zohra Omalayène, en 1936 à l'ouest d'Alger, elle avait publié son premier roman à 19 ans. Les critiques qualifient alors cet ouvrage de "saganien"..

Elle devient en 1955 la première femme musulmane à rejoindre l'École normale supérieure à Paris, et n'a cessé depuis de prôner l'émancipation des femmes, en particulier musulmanes, dans l'ensemble de son oeuvre.

Son pseudonyme, Assia Djebar, était le mélange de deux mots : "consolation" et "intransigeance", deux traits qu'on retrouvait dans son caractère bien trempé.

Assia Djebar était l'héritière de deux cultures, et en était fière : écoutez-la...

De 1983 à 1989, elle travaille comme représentante de l'émigration algérienne au Conseil d'administration du Fonds d'action sociale, sur demande de Pierre Bérégovoy, alors ministre des Affaires sociales.

Dans son dernier livre, "Nulle part dans la maison de mon père", sorti en 2007, elle faisait un récit inspiré de sa vie, une trajectoire individuelle comme un écho à celle de tout un peuple, le sien.

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