le socialiste jean-pierre kucheida devant la justice pour abus de biens sociaux
le socialiste jean-pierre kucheida devant la justice pour abus de biens sociaux © reuters

Le premier des 12 jeunes gens interpellés après l'attaque d'une rame de RER à Grigny dans l'Essonne était jugé aujourd'hui par le tribunnal correctionnel d'Evry. Il a été relaxé au bénéfice du doute.

Les 11 autres jeunes gens, mineurs au moment des faits, seront jugés par un tribunal pour enfants au mois de juin.

L'attaque avait eu lieu dans la soirée du 16 mars, et plusieurs dizaines de personnes avaient été dépouillées dans le wagon.

La relaxe est assez rare en correctionnelle, d'autant que le jeune homme avait été mis en cause par le témoignage d'un policier qui l'avait reconnu sur des images de vidéosurveillance.

Le compte-rendu d'audience de Corinne Audoin

ËVRY, 19 avr 2013 (AFP) - Le tribunal correctionnel d'Evry a relaxé vendredi, au bénéfice du doute, un jeune homme de 18 ans soupçonné d'avoir dépouillé les passagers d'un RER, en compagnie d'au moins onze adolescents qui seront jugés en juin devant un tribunal pour enfants. "J'étais à un concert à Grigny 2 (quartier où résident les douze jeunes hommes, ndlr). Y'avait du foot et en même temps y'avait du rap", a assuré, cheveu sur la langue, cet élève de CAP au visage juvénile, niant les faits qui lui sont reprochés. Il l'affirme, il ne faisait pas partie de la vingtaine de jeunes gens, au visage masqué, qui ont fait irruption dans un RER D en gare de Grigny (Essonne), un samedi soir de mars peu avant 23H00, dérobant les effets personnels des passagers et frappant ceux qui résistaient. Le jeune homme avait été interpellé le 27 mars après qu'un policier l'eut reconnu sur la vidéo de surveillance de la gare RER. Projetée durant l'audience, on y voit une vingtaine de jeunes gens entrer dans la gare en sautant par-dessus les portillons en verre, puis attendre, sur le quai, l'entrée en gare du RER en provenance de Paris. A la demande du président, l'enquêteur pointe du doigt, sur la vidéo, un jeune homme à casquette grise, affirmant avoir déjà eu affaire à lui plusieurs fois. "Y a beaucoup de jeunes qui s'habillent presque pareil, donc voilà", rétorque le mis en cause. En garde à vue, il avait dit aux enquêteurs avoir "un sosie, c'est quelqu'un qui me ressemble. (...) Mais je vais pas vous dire son prénom". "Coups de pied, coups de poing" ================================= Le soir de l'attaque, les passagers sont très nombreux à descendre à la gare de Grigny. Il y a foule sur le quai. "Je rentrais du travail, j'étais au téléphone. Tout à coup, il y a eu un mouvement de panique. On a tenté de me prendre mon téléphone portable, je l'ai rangé. Mon assaillant s'est dirigé sur moi avec trois comparses", a raconté la seule victime présente à l'audience, un jeune homme de 28 ans qui veut conserver l'anonymat. Aspergé de gaz lacrymogène, il dit être sorti du RER, avoir tenté de s'enfuir en prenant l'escalator, "mais dans le mauvais sens". A terre, il reçoit alors coups de pied, coups de poing. Selon lui, c'est bien son agresseur qui faisait face au tribunal. "J'ai été stupéfait par la candeur de ce jeune homme", confie-t-il. "Le souvenir est toujours présent. C'est un acte d'une barbarie injustifiée", a-t-il expliqué, soulignant que, pour ne plus avoir à passer par Grigny, il a "pris la décision de déménager". Le substitut du procureur avait requis deux ans d'emprisonnement dont six mois avec sursis, une obligation de travail ou de formation, une interdiction de séjour à Grigny pendant trois ans, et un mandat de dépôt. "Maintenant que je vous ai vu et que j'ai étudié cette vidéo, je peux vous dire que ça vous ressemble énormément", a ironisé la magistrate. Dans cette affaire, onze jeunes hommes mineurs de la cité sensible de Grigny 2, parmi lesquels trois ont moins de 16 ans, seront jugés en juin devant le tribunal pour enfants. jul/ger/ei AFP 191839 øøø APR 13

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