C’est la consternation à Nice, après l’attaque meurtrière sur la promenade des Anglais, jeudi soir. La ville s’était pourtant préparée à cette hypothèse en organisant l’Euro-2016.

La promenade des Anglais, à Nice, est bouclée depuis jeudi soir
La promenade des Anglais, à Nice, est bouclée depuis jeudi soir © Maxppp / CLEMENT MAHOUDEAU

La sécurité renforcée n’y a rien changé. Jeudi soir, à la fin du feu d’artifice de Nice, un homme, au volant d’un poids-lourd, a foncé sur la foule, sur la promenade des Anglais. Au moins 84 personnes ont été tuées. Les services de sécurité n’ont pu abattre le chauffeur qu’après 2 kilomètres de course folle.

Nice, ville ultra-sécurisée

Pourtant, la ville de Nice a l’habitude de sécuriser de grands événements. Le Carnaval, en février dernier, avait servi de premier grand test. Le ministère de l’Intérieur avait doté la ville de forces mobiles, policiers de brigades anti-criminalité, militaires de l’opération Sentinelle et agents de déminage.

Idem, quatre mois plus tard pour l’Euro de football, pendant lequel quatre matches se sont joués à l’Allianz Riviera. L’espace public est équipé de caméras de vidéo-surveillance. Comme toutes les villes hôtes, Nice avait organisé un exercice de simulation, le 8 mars dernier, en présence du GIGN. La pire éventualité avait été envisagée à ce moment-là, à savoir un afflux de blessés provoqué par une attaque. Les blessés devaient alors être évacués vers les hôpitaux de Nice, de Cannes et de Monaco. Le cas échéant ceux de Marseille pouvaient être sollicités. Les forces de sécurité et de secours étaient inquiètes quant à la sécurisation du littoral. C’est par la route que le chauffeur a tué, jeudi soir.

Un attentat difficilement prévisible

Le suspect n’était pas fiché comme radicalisé mais il était connu pour des faits de droit commun, principalement des violences. Selon les premiers éléments de l’enquête, rien ne laissait présager d’un tel acte. L’intervention des forces de l’ordre s’est ensuite avérée compliquée car le poids-lourd s’est lancé à pleine vitesse. Pour Stanislas Gaudon, délégué du syndicat de police Alliance, "c’est une situation exceptionnelle, inédite sur notre sol. Le camion pèse 19 tonnes, fait 15 mètres, et certains témoignages parlent d'environ 80 km/h. Difficile, donc, à intercepter".

Les mesures de sécurité renforcées

Dans la nuit de jeudi à vendredi, François Hollande a annoncé plusieurs mesures de sécurité. L’état d’urgence sera prolongé trois mois supplémentaires, après l’aval du Parlement, mercredi et jeudi. La possibilité de mener des perquisitions administratives devrait être réintégrée dans le projet de loi. L’opération Sentinelle, qui permet de mobiliser plus de 10.000 militaires sur le territoire, est maintenue.

les mesures annoncées par François Hollande
les mesures annoncées par François Hollande © Radio France / Visactu

François Hollande souhaite également recourir à la réserve opérationnelle. Cette force aura pour but de "soulager" les policiers et gendarmes pour certaines missions. Elle est composée de volontaires, issus de la société civile, qui n'ont pas forcément d'expérience militaire. 28.000 personnes ont aujourd’hui reçu la formation et les entraînements spécifiques. L’objectif est d’en former 40.000 d’ici 2019.

La réserve militaire en plein réforme
La réserve militaire en plein réforme © Radio France / Visactu
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