Deux jours après l'attentat de Nice, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve appelle "tous les Français patriotes qui le souhaitent" à rejoindre la réserve opérationnelle.

Des militaires de l'opération Sentinelle en patrouille à Paris, en avril 2016
Des militaires de l'opération Sentinelle en patrouille à Paris, en avril 2016 © Maxppp / Aurelien Morissard

Les préfets peuvent puiser "dès à présent", "en fonction des événements et des lieux à sécuriser", dans "une ressource rapidement mobilisable" de 12.000 volontaires, 9.000 de la gendarmerie nationale, 3.000 dans la police, pour épauler les forces de sécurité, a précisé Bernard Cazeneuve samedi 16 juillet lors d'une déclaration au ministère de l'Intérieur."L'objectif est de faire monter en puissance la capacité maximale de cette ressource dans les tout prochains jours", a déclaré le ministre.

Comme le président de la République a rappelé la nécessaire cohésion nationale qui doit prévaloir face à la menace terroriste, et comme nous constatons le grand élan de solidarité qui anime nos concitoyens (...) je voudrais lancer un nouvel appel à rejoindre cette réserve opérationnelle pour tous les Français patriotes qui le souhaitent (Bernard Cazeneuve)

La décision de faire appel à ces réserviste issus de la société civile ou anciens militaires a été annoncé par le chef de l'Etat, François Hollande, à la suite de l'attentat de jeudi à Nice. Bernard Cazeneuve a précisé qu'il avait été décidé plus spécifiquement samedi, en conseil de défense restreint, de mobiliser la réserve de la police et de la gendarmerie.

Qui sont les réservistes ?

  • La réserve de la gendarmerie : Sur son compte Twitter, la gendarmerie nationale a détaillé "comment devenir réserviste opérationnel en gendarmerie": être âgé de 17 à 30 ans, avoir "satisfait aux obligations du service national", effectuer une "préparation militaire", être apte physiquement et moralement.

  • La réserve militaire : selon le site du ministère de la Défense, "La réserve opérationnelle est composée de volontaires (citoyens Français issus de la société civile avec ou sans expérience militaire et anciens militaires d'active) qui signent un engagement à servir dans la réserve, c'est-à-dire qui souscrivent un contrat d'une durée de 1 à 5 ans. Ces hommes et ces femmes âgés d'au moins 17 ans reçoivent une formation et un entraînement spécifiques afin d'apporter un renfort temporaire de quelques dizaines de jours par an aux forces armées et formations rattachées". La limite d'âge pour y postuler est de 35 ans, sauf pour les anciens militaires d'active, qui peuvent postuler en étant plus âgés.

  • La réserve civile de la police : Selon le site de la police nationale, elle accueille les volontaires de 18 à 65 ans, titulaires de leur certificat de Journée d'appel à la défense (ex-JAPD) s'ils sont nés après 1979, et qui n'ont "pas été condamnés soit à la perte des droits civique ou à l’interdiction d’exercer un emploi public, soit à une peine criminelle ou correctionnelle inscrite au bulletin n° 2 du casier judiciaire". Les candidats doivent aussi "posséder l’aptitude physique requise pour exercer une activité dans la réserve".

100 000 policiers, gendarmes et militaires déjà mobilisés

Cette mobilisation de la réserve opérationnelle "ne peut se faire qu'en période estivale", "la période de congé des réservistes", a précisé Bernard Cazeneuve. "Actuellement, 100.000 policiers, gendarmes et militaires - 53.000 policiers, 36.000 gendarmes et 10.000 militaires - sont mobilisés pour assurer la sécurité de nos concitoyens", avait indiqué le ministre en préambule, soulignant la volonté du gouvernement de "renforcer la présence des forces de sécurité sur l'ensemble du territoire national".

Par ailleurs, l'effectif de l'opération militaire Sentinelle, maintenu à 10.000 hommes sur le territoire national contre 7.000 prévus initialement après la fin de l'Euro-2016, restera à ce niveau "jusqu'à la fin de l'été", a annoncé le ministre de la Défense Jean-Yves le Drian lors du même point presse.

La mission de Sentinelle "va s'élargir" en étant "plus déployée en province" et en agissant "à la fois sur la sécurisation des frontières", avec les forces de sécurité intérieure, et "sur les flux", notamment dans "les zones touristiques" et "au moment des grands événements culturels ou de musique" de l'été, a précisé le ministre.

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