Les autorités indiquent que le camion utilisé pour l'attentat a "forcé le passage en montant sur le trottoir", la Promenade des Anglais étant fermée à la circulation

Les enquêteurs s'affairent autour du camion utilisé pour l'attentat de Nice
Les enquêteurs s'affairent autour du camion utilisé pour l'attentat de Nice © Reuters / Eric Gaillard

La Promenade des Anglais était interdite à la circulation au point d'entrée du camion, qui a tué 84 personnes jeudi soir dans une course folle. Une interdiction "matérialisée par le positionnement de véhicules (de police) bloquant l'accès à la chaussée. Le camion a forcé le passage en montant sur le trottoir", a affirmé la préfecture des Alpes-Maritimes dans un communiqué.

Plus d'une centaine de policiers présents

Elle ajoute que la sécurité des "points les plus sensibles" était confiée à des équipages de la police nationale, renforcés d'équipages de la police municipale. 64 policiers municipaux et 42 policiers nationaux étaient mobilisés pour encadrer les 30 000 spectateurs venus assister au feu d'artifice. "Ce dispositif était complété jeudi soir par l'engagement de 20 militaires, soit 5 patrouilles, dans le cadre de la mission Sentinelle", poursuit la préfecture, notant que "Nice est l'une des villes de France les mieux couvertes par le dispositif Sentinelle".

Selon la préfecture, il y avait plus de policiers nationaux présents que prévu, qui effectuaient des contrôles aléatoires mais pas de fouilles systématiques comme ce fut le cas lors de l'Euro 2016 aux abords des fan-zones. Elle affirme que cette présence policière a permis, non pas d'empêcher le camion de pénétrer sur la zone, mais de mettre assez rapidement un terme à sa course folle.

"Les manifestations du 14 juillet ont été préparées en étroite liaison avec la ville de Nice"

Christian Estrosi, président (Les Républicains) de la métropole de Nice et de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, avait reproché vendredi à Bernard Cazeneuve un dispositif de sécurité insuffisant : "Vous êtes ministre de l'Intérieur, vous êtes chef de l'État, vous êtes responsable de l'action gouvernementale, vous déclarez que votre pays est en guerre, vous prenez des mesures d'état d'urgence, cela veut dire que vous êtes censés regarder quelles sont les armes préconisées par l'ennemi pour vous abattre et que vous prenez toutes les précautions pour pouvoir contrecarrer l'utilisation de ces armes".

Si une des autorités, l'État ou la municipalité, avait considéré à un moment que le niveau de sécurité n'était pas réuni, l'État comme la municipalité pouvaient décider de procéder à l'interdiction des festivités entourant le 14 juillet, ce qui n'a pas été le cas (Bernard Cazeneuve)  

"La police nationale était présente et très présente sur la Promenade des Anglais", a répondu samedi Bernard Cazeneuve, ajoutant que "Les manifestations du 14 juillet ont été préparées en très étroite liaison avec la ville de Nice".

"Il aurait fallu un mur de béton" pour arrêter le camion lancé à vive allure.

Anthony Borré, directeur de cabinet de Christian Estrosi a lui aussi donné, devant la presse, des détails sur l'attaque, filmés par les caméras de vidéosurveillance. Le terroriste est arrivé en vélo pour récupérer le camion. Une fois au volant, il a ensuite "pulvérisé facilement le barrage" pour pénétrer dans la zone réservée aux piétons. Pour arrêter ce camion de 19 tonnes "lancé à 90 km/heure, il aurait fallu un mur de béton. Or il fallait laisser passer les secours", a-t-il dit.

Par ailleurs, selon lui "il s'est passé 45 secondes entre le moment où (le tueur) a pénétré dans la zone interdite et le moment où il a été abattu".

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