l'intervention française au mali a coûté 70 millions d'euros
l'intervention française au mali a coûté 70 millions d'euros © reuters

Après un mois d’intervention française, la situation au Mali semble se compliquer. Des combats ont opposé des militaires maliens à des mutins, à Bamako. Un attentat suicide a frappé un groupe de soldats près de Gao. De quoi rappeler le bourbier afghan ?

Dernier évènement en date, ces combats dans la capitale, entre les militaires maliens et des mutins issus d'une unité de parachutistes fidèles au président déchu Amadou Toumani Touré. Autre illustration, un attentat suicide a été signalé pour la première fois depuis le début de l'intervention militaire française le 11 janvier. Il a blessé un militaire malien au nord de Gao dans un secteur récemment repris aux islamistes armés.

Le terroriste, un Touareg, n'a donc tué que lui-même. L'acte a été ensuite revendiqué par le Mujao, l'un des groupes islamistes du Nord. Reportage à Gao avec Antoine Giniaux.

Des incidents qui illustrent l'ampleur de la tâche à accomplir pour stabiliser le Mali, en pleine opération Serval et malgré la poursuite de l'avancée des forces françaises dans le Nord.

Ce qui inquiète aujourd'hui, c'est la capacité des Maliens à reprendre en main leur pays, Géraldine Hallot.

Car quatre semaines exactement après ses premiers bombardements destinés à bloquer l'avancée des rebelles islamiste vers Bamako, l'armée française a poursuivi sa progression dans le nord du Mali en s'emparant, avec les forces tchadiennes, de la ville et de l'aéroport de Tessalit. Un site considéré comme un repaire islamiste, à une centaine de kilomètres de la frontière algérienne.

A Bamako, le calme est revenu après plusieurs heures d'échanges de coups de feu dans une caserne de "bérets rouges", ce corps de parachutistes fidèles à "ATT", dont le renversement en mars 2012 par un coup d'Etat d'officiers subalternes a précipité la prise du nord du Mali par des rebelles touaregs, bientôt évincés par des islamistes armés.

D'après des officiers maliens, des "bérets rouges" avaient reçu l'ordre de rejoindre d'autres unités pour combattre les islamistes armés dans le nord du pays. Les parachutistes ont exigé d'être déployés ensemble au sein d'un même régiment et c'est pour cette raison qu'ils ont affronté la police militaire.

Quand les islamistes passent à la guérilla

Cet incident expose les fragilités persistantes des institutions maliennes, dont la consolidation est l'une des priorités de la communauté internationale pour ne pas perdre tout le bénéfice des gains militaires sur le terrain.

En quatre semaines, les forces françaises ont délogé les islamistes de leurs bastions, Gao, Tombouctou et Kidal notamment. Rejointes par l'armée tchadienne, elles les traquent désormais dans les reliefs du nord-est du Mali, où se trouveraient les otages français retenus par Al Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi).

Evaporés, les islamistes pourraient désormais recourir aux techniques de guérilla. Un homme circulant à moto s'est ainsi fait exploser vendredi à un barrage militaire au nord de Gao, blessant un soldat, a déclaré un officier malien à Reuters.

Depuis que la région de Gao a été reprise, deux mines y ont coûté la vie à plusieurs militaires maliens mais jamais encore un attentat suicide n'avait été signalé.

Avec ses alliés, la France, qui attend le déploiement des 8.000 hommes d'une force africaine pour se retirer militairement, en mars sans doute dit-elle, exhorte les autorités civiles et militaires maliennes à ouvrir un dialogue de réconciliation nationale pour répondre aux revendications des touaregs et organiser des élections démocratiques.

"Ce qui est nécessaire désormais, c'est un processus politique, qui comprenne notamment une transformation des forces de sécurité", juge Jakkie Cilliers, directeur exécutif de l'Institut pour les Etudes de sécurité, à Pretoria.

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.