L'armée s'est déployée jeudi autour du palais présidentiel au Caire et a exigé le départ des partisans et des adversaires du président égyptien, Mohamed Morsi, après des affrontements qui ont fait sept morts selon les autorités.

Les supporters du chef de l'Etat, à qui l'opposition reproche de vouloir s'octroyer des pouvoirs exhorbitants, ont commencé à évacuer les lieux avant même l'ultimatum de la Garde républicaine, fixé à 15h locales, mais quelques dizaines d'opposants sont restés sur place.

Les violences ont également fait 350 blessés, selon un commniqué du ministère de la Santé.

Au moins cinq chars et neuf véhicules blindés de transport de troupes ainsi que des éléments de la Garde républicaine ont pris position aux abords du palais d'Héliopolis pour séparer sans violence les protagonistes, a dit le chef de la Garde nationale, le général Mohamed Zaki.

"Les forces armées, au premier rang desquelles la Garde républicaine, ne seront pas un instrument de répression des manifestants", a-t-il ajouté.

L'armée, qui a joué un rôle décisif dans la chute du régime Moubarak en février 2011, s'est tenue à l'écart des joutes politiques depuis l'accession à la présidence cet été de Mohamed Morsi, qui est issu des Frères musulmans, et la mise à l'écart du maréchal Hussein Tantaoui, qui dirigeait le Conseil suprême des forces armées (CSFA).

Morsi parlera, mais quand ?

Les officiers sur place ont exhorté les deux camps à mettre fin à leur confrontation. En fin de matinée, on n'assistait plus qu'à des échanges d'injures.

Le chef de l'Etat, silencieux depuis plusieurs jours, devait s'adresser à la nation dans la journée, a d'abord annoncé la télévision citant un conseiller présidentiel. Mais par la suite, une autre source évoquait plutôt demain, comme date possible de cette allocution télévisée.

Mohamed Morsi s'est par ailleurs entretenu avec le chef des forces armées, le général Abdel Fattah al Sisi, qui est aussi ministre de la Défense. Le Premier ministre et d'autres membres du gouvernement assistaient à la réunion.

Dans un communiqué, Mohamed Badie, le Guide suprême des Frères musulmans, la première force politique en Egypte, a appelé à l'union, estimant que les divisions "ne servent que les ennemis de la nation."

La situation au Caire, avec Vanessa Descouraux

### Le pouvoir ébranlé Le président égyptien a regagné mercredi son palais, assiégé depuis la veille par quelque 10.000 opposants à son décret du 22 novembre qui lui accorde des pouvoirs étendus et le met à l'abri de poursuites judiciaires. Les troubles se sont étendus à d'autres villes, notamment Ismaïlia et Suez, où les locaux du Parti de la liberté et de la justice (PLJ), la branche politique des Frères musulmans, ont été incendiés. La présidence a en outre été éprouvée par les démissions de sept conseillers de Mohamed Morsi depuis le début des troubles, il y a deux semaines. Le dernier en date, Rafik Habib, un Copte, a démissionné jeudi sans donner les raisons de sa décision.
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