heurts au caire
heurts au caire © reuters

La dernière décision de justice sur le drame de Port-Saïd (74 morts suite à un match de football) a provoqué la colère des supporters égyptiens. Au Caire, plusieurs bâtiments ont été incendiés et trois manifestants sont morts face à la police.

Sans surprise, le verdict dans le drame du stade de Port-Saïd a causé de nouvelles violences en Égypte.Pas à Port-Saïd même, où la situation n’a pas dégénéré, mais au Caire où des manifestants ont affronté la police. On compte 3 morts pour le moment, et surtout un climat d’une grande tension dans ce pays qui s’enfonce un peu vers le chaos. Chaque étincelle peut faire exploser la situation. Cette fois c'est l'acquittement de sept des policiers inculpés qui a mis le fau aux poudres. Pour les jeunes, c'est un retour en arrière.

Reportage de Vanessa Descouraux.

Si des manifestants ont incendié des bâtiments au Caire, d'autres ont tenté en vain de perturber le trafic sur le canal de Suez. La confirmation par la justice de la peine de mort rendue à l'encontre de 21 supporters de Port-Saïd pour leur rôle dans l'émeute et la bousculade (qui ont fait 74 morts) a indigné les habitants de cette ville au débouché du canal de Suez. Mais le tribunal cairote a également provoqué la fureur de supporters de l'équipe cairote qui était allée à Port-Saïd disputer un match, en acquittant 28 personnes qu'ils auraient aimé voir condamner. Parmi ceux-ci figurent sept membres de la police, institution honnie pour la dure répression sous l'ancien président Hosni Moubarak. De source proche des services de sécurité, on indiquait que trois personnes au moins étaient mortes au Caire après avoir inhalé des gaz lacrymogènes ou avoir été atteint par des balles en caoutchouc, et que 65 personnes avaient été blessées. Les supporters cairotes en colère ont incendié un club de la police et les bureaux de la Fédération égyptienne de football, près de là, sur les bords du Nil. "Ce qui se passe aujourd'hui au Caire, c'est le commencement de la colère. Attendez, et vous verrez, si toute la lumière n'est pas faite sur ce massacre (dans le stade)", ont déclaré dans un communiqué les Ultras, frange la plus dure des supporters d'Al Ahly. Plusieurs organisations islamistes, dont le parti salafiste Al Nour, ont mis en garde contre toute dégradation des conditions de sécurité et appelé leurs militants à former des comités populaires de protection pour assurer l'ordre dans la rue et protéger les bâtiments publics en cas de défaillance de la police. "Nous ferons face à toute tentative par l'opposition de rétablir un gouvernement militaire", a déclaré Hazem Salah Abou Ismaïl, l'un des prédicateurs salafistes les plus populaires.

Un drame source perpétuelle de violences

En février 2012, 74 personnes avaient péri lors d'émeutes déclenchées à la fin d'une rencontre de football entre l'équipe cairote d'Al Ahly et la sélection Al Masry de Port-Saïd, au cours de laquelle Al Masry avait fait subir sa première défaite de la saison à Al Ahly. Des spectateurs sont morts piétinés par la foule paniquée qui tentait de fuir le stade à la suite d'une invasion du terrain par des supporters d'Al Masry. D'autres sont tombés ou ont été jetés du haut des gradins. Des violences éclatent régulièrement à Port-Saïd depuis le prononcé du verdict, le 26 janvier. Au moins huit personnes ont été tuées à Port-Saïd cette semaine, dont trois policiers. Des jeunes de Port-Saïd ont détaché les amarres de vedettes, dans l'espoir qu'elles dérivent sur le canal et gênent la progression des navires passant de la Méditerranée et à la mer Rouge et vice-versa, ont rapporté des témoins. Deux mille personnes ont aussi empêché des ferries d'effectuer la traversée du canal. La police militaire a récupéré cinq vedettes et les a dirigées vers le rivage, mais deux continuaient à dériver, selon un témoin. "Les efforts de certains pour empêcher les ferries de traverser(...)au niveau de la ville de Port-Saïd n'ont pas perturbé la navigation sur le canal", a assuré le porte-parole du canal de Suez, Tarek Hassanein, cité par l'agence de presse égyptienne Mena.

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