Qu'elles sont loin les manifestations de rue du début de l'été dans les rues de Karthoum, la capitale du Soudan.

Depuis juillet, le seul débordement notable est celui provoqué le 15 septembre par les islamistes devant les ambassades américaines et allemandes, quelques jours après la diffusion du film islamophobe sur Youtube .

Les cortèges qui grossissaient autour des universités n'ont pas atteint une taille suffisante pour inquieter le régime du président Omar El Bechid que la justice internationale accuse de génocide contre son peuple.

Un peuple qui manifestait contre la misère galopante. Privé de ressources en pétrole depuis l'indépendance du Soudan du Sud, Khartoum joue la carte de l'économie de guerre. Deux tiers des dépenses publiques consacrées à l'armée.

Conséquence de cette politique, le 16 juin, les soudanais ont manifesté contre le doublement du prix du sucre et de l'essence. Mais peu à peu, les leaders de ces manifs ont été arrêtés.

Le plus charismatique Rudwan Dawod a été interpellé le 3 juillet. Le même jour, son père, son frère et ses soeurs étaient emmenés par des agents de la sécurité. Rudwan Dawodappartient au mouvement de protestation étudiant "Ras le bol ".

Tous les autres activistes se sont aussitot cachés, craignant d'être arrêtés, torturés ou violés. Tous les journalistes internationaux ont été expulsés pour que le monde n'ait aucune image de ce Soudan là.

Les journalistes locaux sont soit emprisonnés ou embrigadés. Toute la presse à l'unisson a dressé un portrait de Rudawan Dawod le présentant comme un activiste américano sioniste venu du Darfour.

Ainsi, le printemps arabe soudanais aurait déjà vécu. Pourtant dans les rangs de l'imam Sadiq el-Mahdi (ex premier ministre), on continue de parler d'une révolution possible.

17 organisations politico religieuses ont signé une charte démocratique "pour conduire une lutte pacifique destinée à renverser le régime" . L'objectif : un gouvernement intérimaire à la tête du pays pour 3 ans jusqu'à l'organisation de nouvelles élections.

Les journaux locaux n'en parlent même pas et la diplomatie étrangère ne semble accorder aucun crédit à cette charte et au mouvement qui l'a rédigé.

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