Présente au Festival dès sa création en 1972, la Merce Cunningham Dance Company achèvera ce long voyage d’Automne lors de notre quarantième édition, avec la reprise de pièces emblématiques. Le film réalisé par Charles Atlas sur Ocean, le « Cédric Andrieux » de Jérôme Bel et un important programme musical consacré à John Cage , qui longtemps accompagna le chorégraphe, compléteront cet hommage.

Hasard des programmations, constance de notre désir d’ancrer le regard dans une histoire de la danse, d’autres reprises historiques jalonneront ce programme 2011, ainsi d’Impressing the Czar et d’Artifact de William Forsythe , interprétés par le Ballet Royal de Flandre, - sans oublier une nouvelle création - , ainsi dePudique Acide / Extasis créé en 1984 par Mathilde Monnier et Jean-François Duroure qui sera dansé par deux jeunes interprètes. Cette dernière manifestation accompagne l’important programme soutenu par la SACD et consacré à de très jeunes chorégraphes issus d’Ex.e.r.ce et aussi de P .A..R .T.S . On retrouvera cette année des figures connues du Festival, comme DV8, Raimund Hoghe , Lia Rodrigues , LaRibot ou Meg Stuart , et, absent de nos programmes depuis le mémorable No Paraderan , le turbulent Marco Berrettini . Nouveaux venus, Cecilia Bengolea et François Chaignaud présenteront deux spectacles. Premier acte de la présence de William Forsythe au Festival d’Automne 2011 : la reprise de deux de ses oeuvres majeures par le Ballet Royal de Flandre Artifact (1984) etImpressing the Czar (1988).

William Forsythe/ Ballet Royal de Flandre - Artifact
William Forsythe/ Ballet Royal de Flandre - Artifact © Johan Persson

Artifact au Théâtre National de Chaillot du jeudi 24 au 30 novembre à 20h30

Artifact s’ouvre comme un récit. Un air de piano va crescendo et une femme en costume historique invite le public d’un simple «Step inside». La vision d’un univers en devenir se développe, habité d’une apparition blanchâtre, d’un homme muni d’un mégaphone et d’un corps de ballet gris. Au commencement, les danseurs se déploient sur la scène et esquissent quelques pas de ballet et mouvements de bras basiques. [.....] Dans la deuxième partie, la main invisible, qui à l’ouverture jouait aux échecs avec la lumière et les danseurs, réapparaît bruyamment et brutalement. En l’absence de l’homme et de la femme, deux couples de solistes, fuyant le groupe anonyme, composent des duos incisifs sur la Chaconne de Bach, et sont interrompus par la chute du rideau. Le reste du corps de ballet imite les mouvements de bras rudimentaires de l’apparition silencieuse.L’auteur en coulisse manie sans conteste une plume acerbe : les danseurs attaquent de façon incisive lamusique très impulsive de Bach. Troisième partie. Le jeu d’échecs est démantelé et les rouages de la machine sont mis à nu. [....] Des éléments de décor se renversent, des danseurs surgis de partout tombent comme des mouches et se ruent presque dans le public, comme des lemmings dans la mer : la classe de ballet en rébellion !La partie finale commence dans l’obscurité. Seule une rangée d’éléments de décor est éclairée au fondde la scène. Et voici que les acteurs reprennent leur souffle. Des danseurs solistes créent des silhouettesenvoûtantes couleur mercure. L’homme et la femme se retrouvent et bredouillent des mots répétitifs. Sur fond de la musique de piano du début, les danseurs du corps de ballet font tourner les bras et forment des rangées et de longues spirales de façon plus classique encore qu’au début. La femme qui introduisait le spectacle, le conclut à présent en ces termes : « Step outside ».

William Forsythe/ Ballet Royal de Flandre - Artifact
William Forsythe/ Ballet Royal de Flandre - Artifact © Johan Persson

Impressing the Czar au Théâtre National de Chaillot du mardi 6 au 10 décembre à 20h30

Pièce emblématique de William Forsythe, Impressing the Czar est à la fois un choc esthétique et un cours magistral d’histoire de la danse. Le chorégraphe s’y approprie pour les déconstruire ensuite toutes les formes de danses occidentales. En trois actes, la pièce nous entraîne dans un vaste panorama, tout à lafois ironique et brillant, de la Renaissance à nos jours. [....] Impressing the Czar est l’une des oeuvres phares de William Forsythe, un ballet en cinq parties, pour une ambitieuse et brillante leçon d’histoire de la danse. [....]La première partie, Potemkins Unterschrift (La Signature de Potemkine), aligne à toute allure, dans une submersion d’images, une foule de références aux conventions classiques, passant en revue l’histoire de l’art et du ballet, de la Renaissance à nos jours. Cet héritage culturel est mis à mal dans le troisième volet, La Maison de Mezzo-Prezzo, vente aux enchères des plus bouffonnes où les artistesobjets mis à prix sèment la panique d’une rébellion surréaliste.La danse épurée de la seconde partie, In the Middle, Somewhat Elevated, constitue véritablement, entredes tableaux exubérants et burlesques, le coeur de l’oeuvre. Créée à l’Opéra de Paris, c’est la pièce qui fitla renommée mondiale de William Forsythe. Dans Bongo-Bongo Nageela, William Forsythe présente un rapport d’écolière à l’humour féroce, une danse agressive et atavique interprétée par des danseurs et danseuses en uniformes d’écoliers anglais. Dans la dernière partie, Mr. Pnut goes to the Big Top, le « maître des plaisirs », Mr. Pnut, exécuteun final explosif…

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