La prison des Baumettes propose un des conditions d'hébergement "très dégradées"
La prison des Baumettes propose un des conditions d'hébergement "très dégradées" © Maxppp

"La prison de la République doit rester digne dans le respect des personnes qui y sont détenues et dans celui de celles qui y travaillent, a dit Christiane Taubira lors d’une visite hier soir à la prison des Baumettes de Marseille. Une prison devenue lieu symbolique, emblématique de "l'indignité" de certaines prisons vétustes et que la ministre de la Justice a justement choisi pour préciser les contours de la politique immobilière qu'elle entend mettre en place pour résorber les situations d'indignité.

L’état des Baumettes avait été dénoncé dans un rapport très critique du contrôleur général des lieux de privation de liberté et la fermeture a été réclamée par l'OIP, l’Observatoire international des prisons.

Le plan de la Ministre de la Justice a deux volets. Un premier, immobilier.

La prison de Marseille doit ainsi bénéficier d'un traitement d'urgence. Les prisons de la Santé, de Fleury-Mérogis, d'Aix et une autre partie des Baumettes doivent pour leur part faire l'objet d'un programme de rénovation chiffré à 800 millions d'euros sur la législature.

Plusieurs établissements vont devoir être fermés en raison de leur état de vétusté : Valence, Riom, Clermont-Ferrand, Beauvais, Compiègne, Vieux Liancourt, Orléans et Chartres. Ce qui représente plus d'un millier de places. De nouveaux établissements doivent être construits en 2014 et 2015, a annoncé la ministre qui n’a pas plus détaillé son projet.

Christiane Taubira veut également une "mission pénitentiaire" qui s'inscrive davantage dans le cadre des règles européennes. La ministre de la Justice a demandé au directeur de l'administration pénitentiaire un état des lieux dans ce domaine sous la forme d'un rapport avant la fin du mois de janvier.

Elle préconise également la création d'un conseil de l'exécution de la peine composé de parlementaires, de spécialistes ou encore de représentants des personnels qui se réunirait une ou deux fois par an pour réfléchir "aux conditions pénitentiaires et de manière plus générale à l'exécution des peines", a-t-elle dit. "Avec des peines mieux adaptées et plus efficaces, nous allons générer de la sécurité plutôt que de l'aggravation de la récidive tel que c'est le cas aujourd'hui avec la surpopulation carcérale", a ajouté la ministre. Une grande conférence se tiendra les 14 et 15 février.

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