C’est peu dire que les produits bios ont la côte : synonyme de santé et surtout de respect de l’environnement, il s’en vend de plus en plus. Avec la crise sanitaire, les observateurs du secteur ont enregistré 8% de consommateurs supplémentaires en un an, des nouveaux convertis au bio.

Durant le confinement on a enregistré une augmentation de 8% des clients du bio, selon les chiffres de l'Agence Bio
Durant le confinement on a enregistré une augmentation de 8% des clients du bio, selon les chiffres de l'Agence Bio © AFP / Lilian Cazabet / Hans Lucas

À la lecture des chiffres de l’Agence Bio, l’organisation en charge de la promotion de l’agriculture biologique, c’est peu dire que les agriculteurs bio ont le sourire.

"Quand on voit ces chiffres, on se dit qu'on n'a pas perdu notre temps" lance Gérard Michaud, cultivateur bio dans l’Yonne. Et c’est vrai que les derniers chiffres portant sur l’année 2019 sont particulièrement bons : les ventes ont progressé en un an de 13,5%,générant au final un chiffre d’affaire de 12 milliards d’euros, équivalent à celui de l’Allemagne,où la consommation de produits issus de l’agriculture biologique a toujours été très forte, la plus forte même de tous les pays de l’union européenne.

Valeur refuge en temps de crise

Au total, explique Philippe Henry, agriculteur et président de l’agence bio, "chaque Français dépense, en moyenne dans l’année, 178 euros pour l’achat de produits bio, soit l‘équivalent de la dépense moyenne annuelle en eau des ménages". 

Plusieurs explications à ce phénomène : tout d’abord en ces temps de crise sanitaire, le bio est de plus en plus perçu comme une valeur refuge. Terminée, ou presque, la tendance de l’achat militant : aujourd’hui, les clients du bio veulent se rassurer en préférant ces produits. D’ailleurs, il y a des signes qui ne trompent pas  : durant le confinement, on a enregistré une augmentation de 8% des clients du bio, des consommateurs qui, jusqu’à présent, n’avaient jamais acheté de produits biologiques.

Autre explication et pas des moindres : l’ouverture des gammes. Depuis deux ans, on voit apparaître des produits de grandes marques nationales portant le logo AB. C’est le cas, par exemple, des célèbres Chocapic de Nestlé qui existent en version bio et surprise pour les consommateurs : le goût de ces céréales du petit déjeuner n’a pas changé. De plus, on observe une hausse très significative des ventes de produits transformés : 31% pour les surgelés, pizzas et glaces, 16% pour le rayon épicerie.

70% des produits bio en rayon viennent de France

Les grandes surfaces, qui représentent plus de la moitié des ventes de produits bio en France, surfent légitimement sur la vague et accompagnent le mouvement : par exemple les ventes de pommes de terre bio, qui représentaient ces dernières années encore 63% de l’offre, en représentent désormais 83%.

Enfin reste encore dans les esprits le problème de l’origine des produits. À cela les producteurs apportent une réponse claire : aujourd’hui 70% des produits bios proposés dans les rayons proviennent de fermes françaises. Cela monte même jusqu’à 80%, explique-t-on chez Biocoop, l’une des principales chaines de magasins bio de France.

Reste maintenant pour les producteurs bios à négocier le virage, pour passer de 'produits de niches' à 'produit référence', qui pèse sur le marché de l’alimentation. Pour cela, ils peuvent compter sur les consommateurs, mais ils devront aussi, reconnaissent-ils, réclamer des aides techniques des pouvoirs publics, notamment en matière de recherche : il s'agit désormais d'éviter que l’avenir de certaines cultures soient remis en cause par l’absence de moyens bio pour la protection des culture. 

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