Il y a quatre-vingt dix ans, Lindbergh volait d'un seul trait de New York à Paris dans son Spirit of St. Louis. Un exploit si médiatisé qui fit oublier qu'il avait des précédents.

Le Spirit of St. Louis, qui a transporté Charles Lindbergh de New York à Paris en 1927, est présenté au Bourget.
Le Spirit of St. Louis, qui a transporté Charles Lindbergh de New York à Paris en 1927, est présenté au Bourget. © AFP / PIERRE ANDRIEU

Les faits sont là, et personne ne les a jamais contestés : il y a 90 ans, les 20 et 21 mai 1927, Lindbergh traversait l’Atlantique à bord de son monomoteur Spirit of St. Louis. Il reliait New York à l’aéroport du Bourget, près de Paris, en 33 heures et 20 minutes. Pour autant, fut-il celui qui ouvrit cette voie aérienne ? Pas vraiment, en fait. Tout périlleux qu’ait été son voyage de plus de 5 800 kilomètres, réalisé en solitaire au-dessus de l’Atlantique nord, Charles Lindbergh a été précédé dans son exploit.

Un mystère français

On évoque régulièrement la mystérieuse disparition de L’Oiseau blanc, piloté par Charles Nungesser et François Coli, à proximité de Saint-Pierre-et-Miquelon le 8 mai 1927. Si leur aéronef avait été retrouvé, les deux Français, vivants ou morts, auraient effectivement minoré – à 12 jours près – l’exploit de Lindbergh, qu’ils tentaient en sens inverse, de Paris à New York. Seulement voilà, même si des documents attestent de l’amerrissage de L’Oiseau blanc entre Terre-Neuve et l’État américain du Maine, nulle trace ne vient confirmer sa position effective. Nulle trace ne vient donc confirmer l’exploit.

La première liaison aérienne entre l’Europe et l’Amérique est bien antérieure. Le 14 juin 1919, deux Britanniques, John William Alcock et Arthur Whitton Brown, décollent de Terre-Neuve. Objectif : Galway, à l’ouest de l’Irlande, à plus de 3 600 kilomètres. Au terme d’un vol dantesque, à court de carburant, les deux Britanniques parviennent à poser – un crash contrôlé – leur bombardier biplan Vickers Vimy dans une tourbière, à quelques kilomètres de leur destination.

Le goût de l’aventure ?

Qu’importe le sens du voyage (il faudra néanmoins attendre avril 1928 pour qu’un vol est-ouest, de l’Europe vers les Amériques, celui du baron Gunther Van Haenfeld, soit réussi), la durée du vol, la distance parcourue, le nombre de pilotes ou les spécifications de l’avion, les continents sont déjà reliés d’un seul trait. Avec pour seul moteur le goût de l’aventure ?

Dès 1913, Lord Northcliffe, le propriétaire du quotidien britannique Daily Mail, offrit au premier aviateur qui relierait les États-Unis ou le Canada aux îles britanniques en moins de 72 heures la somme de 10 000 livres.

Le pari était alors improbable, eu égard aux performances des aéronefs de l’époque, incapables de franchir plus de 3 000 kilomètres d’un trait. Au terme d’un vol d’à peine plus de 16 heures, Alcock et Brown ont pu revendiquer la somme, bonifiée de 3 000 livres, et graver leur exploit dans le marbre.

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