"C'en est fini de la dénonciation de la paresse ou de la malhonnêteté des ménages modestes". C'est la promesse lancée dans le document de présentation du plan.

Les grandes lignes avaient été dévoilées en décembre lors de la grande conférence de lutte contre la pauvreté. Il s'étalera sur cinq ans et fera l'objet d'un bilan chaque année. Sa mesure phare : une hausse du RSA de base de 10 %.

Mais il prévoit aussi l'éxtension de la couverture médicale universelle (CMU) à 500.000 personnes supplémentaires et 10 % des enfants accueillis en crèche viendront de famille modestes. Les contrats aidés font aussi partie du plan. Le gouvernement souhaite allonger leur durée moyenne à douze mois, contre environ huit actuellement. De plus, ils "pourront être mobilisés avec souplesse pour des durées variables, de quelques heures de travail par semaine (dans une logique progressive) et jusqu'à 35h".

Car la pauvreté peut toucher tout le monde... Vivre , accepter de vivre dans des logements indignes, exigus, illégaux : faute d'alternative, c'est le lot de ceux qui ne peuvent s'offrir mieux.Ecoutez le témoignage de cette femme de 49 ans. Depuis juillet, elle s'est résolue à s'installer dans un box de garage, en plein Paris. Julie Marie-Leconte.

Au total, le plan mobilise une vingtaine de ministères. "Sans intervention de la part du gouvernement (...), l'intensité de la pauvreté devrait encore continuer d'augmenter dans les prochaines années. Or, la France ne pourra regagner en performance économique sans renforcer la solidarité", stipule le document gouvernemental. Sur une cinquantaine de pages, il détaille la feuille de route quinquennale sans pour autant expliquer le financement de ces mesures, évaluées à 2,5 milliards d'euros annuels à partir de 2017.

De bonnes intentions mais on est encore loin du compte pour de nombreuses associations. Plusieurs d'entre elles, dont le DAL, AC contre le chomage ou encore le mouvement national des chômeurs et des précaires ont envahi le hall du ministere des Affaires sociales.

Le reportage de Julie-Marie Leconte

François Chérèque, une nomination contestée

L'ancien secrétaire général de la CFDT, François Chérèque, assurera "une mission de suivi, d'évaluation et de déclinaison territoriale du plan", a indiqué Matignon dans une communication à la presse.

François Chérèque, qui a laissé la direction de la CFDT à Laurent Berger en novembre dernier, a pris la tête de Terra Nova, un think tank proche du PS, et a été nommé au sein de l'Igas (Inspection générale des affaires sociales). C'est dans le cadre de cette fonction qu'il a été mandaté pour assurer le suivi du plan de lutte contre la pauvreté qui touche près de neuf millions de Français.

La CFDT, la CFTC et la CFE-CGC ont validé le 11 janvier avec les organisations patronales un accord dit de "sécurisation de travail" que la CGT et FO ont dénoncé comme une régression du droit des travailleurs. Mais le gouvernement français se défend d'avoir fait de la CFDT un interlocuteur privilégié.

Le plan du gouvernement se veut une rupture avec la politique mise en place durant le quinquennat de Nicolas Sarkozy.

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la pauvreté en France © Radio France

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