Comment se fâcher avec Nicolas Baverez? Il est l'être le plus urbain de la terre. J'avais démoli son livre sur le déclin de la France dans le "Point" mais il ne m'en avait pas vraiment voulu, il avait simplement contesté certains de mes chiffres. Au terme d'un débat de plus d'une heure, il m'avait raccompagné dans une familiale déglinguée - deux heures de route, et deux heures de débat de plus. Baverez est un historien, et avec un historien, on peut toujours s'entendre (c'est faux: avec Marseille, bon historien de l'histoire de la colonisation, on ne peut absolument pas s'entendre, car Marseille règle un vieux compte avec lui-même: il ne supporte pas d'être venu d'en bas et d'être passé par le PC). Dans les historiens de l'économie, l'un de mes préféré est Bairoch et son génial "Mythes et paradoxes de l'histoire économique". Après avoir lu ce livre, on éclate de rire au nez de ceux qui prétendent que le commerce enrichit les nations. Mais mon préféré reste Polanyi. En revanche, je n'aime pas du tout les bouquins d'histoire de Schumpeter, et à vrai dire je n'ai jamais apprécié Schumpeter, trop approximatif, plus idéologue que factuel - c'est aussi mon travers. Ah, si Nicolas pouvait revenir tous les vendredis! Ce serait une partie de plaisir, on se ferait passer le thé économique en levant le petit doigt. Malheureusement, l'économie c'est pour la plupart des gens de la souffrance.

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