PARIS (Reuters) - "La République a des questions à se poser" après les tueries de Montauban et Toulouse, a affirmé dimanche François Bayrou, qui s'est demandé comment "un assassin désaxé (...) repéré par tous les services" ait pu ainsi passer à l'acte.

Le candidat du Mouvement Démocrate (MoDem) à l'élection présidentielle est revenu brièvement sur les crimes de Mohamed Merah lors d'un meeting à Paris devant plusieurs milliers de partisans, quelques jours après avoir allumé une polémique en mettant en accusation la classe politique, et Nicolas Sarkozy au premier chef, à la suite des trois fusillades qui ont fait sept morts.

"Quand à Toulouse ou à Montauban, un assassin desaxé dont on apprend après qu'il était repéré par tous les services, identifié et sur la liste noire des services de renseignement américains, quand ce désaxé peut se constituer un arsenal d'armes de guerre, s'entraîner, commettre ces meurtres les plus horribles de ces dernières années sans que nul ne soit en alerte, alors la République a des questions à se poser", a-t-il lancé sous les applaudissements.

"Sans aller jusqu'à ce terrorisme-là, quand la violence et l'intolérance montent dans toutes les couches de la société, que les appels à la haine tournent sur internet, si elle ne se pose pas de question, elle ne fait pas son devoir", a-t-il ajouté.

Lundi, au soir de la tuerie du collège-lycée juif Ozar Hatorah de Toulouse, qui a fait quatre victimes (un adulte et trois enfants), François Bayrou, qui avait décidé de poursuivre sa campagne, avait estimé lors d'un meeting à Grenoble que ce fait divers n'était "pas sans lien avec une certaine évolution de la France".

"Le fait de montrer du doigt les uns ou les autres en raison de leur présence dans le pays, de leur origine, de leur situation sociale, c'est d'une certaine manière faire flamber ce genre de passion, ce genre de sentiment", avait-il dit, visant implicitement le président sortant.

"Ce n'est pas un bon service à rendre à la société française que de passer son temps à opposer même artificiellement, même électoralement, les gens les uns aux autres", avait-il ainsi affirmé.

L'ancien ministre Philippe Douste-Blazy, qui, après avoir présidé à la fondation de l'UMP en 2002 a décidé de se rallier à François Bayrou pour la présidentielle de 2012, a défendu dimanche la position controversée du dirigeant centriste.

"Ceux qui ont pu ou voulu faire croire que François Bayrou avait voulu instrumentaliser ce drame, cela relève de la malhonnêteté intellectuelle. Il n'a jamais dérapé, il dit seulement que nous sommes dans une société qui est une société violente", a-t-il dit sur Canal+.

Sophie Louet

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