Silvio Berlusconi déclare renoncer à conduire la liste du Popolo della libertà (centre droit italien) aux prochaines élections législatives en 2013. Aussitôt, la presse internationale en tire une déduction : Silvio Berlusconi met un terme à sa carrière politique, conscient que sa côte de popularité n'a jamais été aussi faible.

Berlusconi, c'est fini.

Une conclusion pour le moins hative.

Berlusconi
Berlusconi © Radio France / EE

Voici les termes exacts de la déclaration de Silvio Berlusconi :

"Je ne serai pas de nouveau candidat au poste de président du conseil mais je reste aux cotés des gens plus jeunes qui peuvent jouer et marquer des buts.../

/...J'ai encore de bons muscles et toute ma tête mais mon rôle sera de donner des conseils".

Nul besoin d'avoir fréquenté les grandes écoles pour decrypter les métaphores footbalistiques du septuagénaire Berlusconi.

Le Palais Chigi ne l'intéresse plus. Depuis des années il n'a jamais caché que son objectif était de prendre le Palais Quirinal , la présidence de la République vacante en 2013, le mandat de Giorgio Napolitano arrivant à expiration. En Italie, le Président de la République est une une fonction honorifique. Il est le garant de la Constitution et des textes de loi. En cas de crise politique, il joue le rôle d'arbitre.

Tout comme Giulio Andreotti en son temps (il avait échoué), Silvio Berlusconi ambitionne de succeder à Giorgio Napolitano. Inutile de le crier sur les toits. Le Président de la République ne passe par le suffrage universel. Ce sont les députés qui votent. Et pour être désigné (mandat de 7 ans), le candidat doit obtenir la confiance des deux tiers du Parlement.

Depuis qu'il n'occupe plus le haut de l'actualité politique, Berlusconi négocie en coulisses dans les couloirs de l'Assemblée et se porte garant d'une stabilité en donnant des gages à gauche comme à droite. En fin stratège, il profite de la confusion actuelle. Les partis politiques traditionnels sont en lambeaux, Mario Monti ne sait pas s'il se présentera et nul ne peut prédire les couleurs de l'horizon italien 2013.

Oui, Berlusconi ne veut plus du Palais Chigi. Trois fois, ça suffit. Mais le Palais Quirinal, il en rêve. Avoir la main sur la Constitution et la justice est autrement plus intéressant que mettre les mains dans le camboui d'une crise qui lui donnera des nuits blanches.

Une retraite de sage en quelque sorte pour préserver ses vieux jours. Seule inconnue, vouloir est-il pouvoir ?

Eric Valmir

@EricValmir sur Twitter

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