PARIS (Reuters) - Le leader de la CGT Bernard Thibault pourrait lancer le 24 janvier devant la commission exécutive confédérale du syndicat le processus de sa succession à la tête du syndicat, a-t-on appris auprès de responsables du syndicat.

Selon Le Monde.fr, le dirigeant syndical, âgé de 53 ans, confirmera qu'il ne briguera pas un nouveau mandat lors du prochain congrès de Toulouse et son souhait "d'être remplacé sans attendre" celui-ci, en mars 2013.

Bernard Thibault "ne fera aucun commentaire sur ces bruits", a-t-on déclaré au service de presse de la CGT.

Plusieurs responsables du syndicat ont confirmé que la préparation du congrès de Toulouse figurait à l'ordre du jour de la réunion du 24 janvier et qu'une intervention de Bernard Thibault était prévue.

Le comité confédéral national, le "parlement" de la confédération, doit se réunir les 1er et 2 février, puis au mois de mai, pour préparer le congrès.

"Maintenant que le congrès de Toulouse est acté, il est normal que les thèmes du congrès et la construction de la future direction soient abordés", a dit à Reuters Michèle Chay, secrétaire générale de la fédération CGT du commerce.

Selon Le Monde, Bernard Thibault fera connaître officiellement devant le comité confédéral national du mois de mai le nom de celui qu'il aimerait voir lui succéder.

NOUVEAU PRÉSIDENT, NOUVEAU DIRIGEANT DE LA CGT ?

"Le but est de pouvoir l'installer dans le paysage public juste après l'élection présidentielle, alors que le début d'un nouveau mandat est traditionnellement un moment de réformes intenses, qui impliquent une activité syndicale assez forte", écrit le quotidien sur son site internet.

Bernard Thibault avait démenti en janvier 2011 à la fois avoir l'intention de quitter son poste avant l'élection présidentielle de 2012 et l'existence de conflits internes après l'échec de la mobilisation contre la réforme des retraites.

Pour succéder à Bernard Thibault, le nom d'Eric Aubin, le secrétaire national chargé des retraites, en pointe lors du mouvement contre la réforme de 2010, est souvent cité.

Mais le leader de la CGT a régulièrement mis en avant ces deux dernières années la secrétaire confédérale Nadine Prigent, qui assurerait une certaine continuité.

Désigné en 1999 à la tête de la centrale syndicale, après un passage à la direction de la puissante fédération des cheminots et un triomphe face au gouvernement Juppé lors des grèves de 1995, Bernard Thibault domine depuis le paysage syndical.

Libérée de ses liens avec le Parti communiste, la CGT est restée en pointe des mouvements sociaux, comme lors des manifestations contre la réforme des retraites en 2010.

Le talent médiatique de Bernard Thibault a dépoussiéré l'image du syndicat, souvent brocardé jadis comme le bastion de la "gréviculture", et devenu avec son dirigeant plus enclin aux compromis.

Gérard Bon, édité par Yves Clarisse

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