Roger Gicquel est quelqu'un à qui j'ai toujours toujours voulu dire merci. Hélas, il meurt sans que cette occasion me soit donnée. Le journaliste a travaillé longtemps à France Inter non seulement comme présentateur de la revue de presse, mais aussi comme animateur des matinales du week end. Et ce n'est pas son célèbre lancement dramatique : "la France a peur", qui à mon avis lui ressemble le plus. La première personne que j'ai croisée dans les couloirs de Radio-France, en décembre 1989, c'était lui. Il me sourit et me gratifia de sa belle voix de légende d'un chaleureux "Bonjour!". Quelques années plus tard, je retrouvais Roger Gicquel en studio. Il savait mettre en valeur ses confrères chroniqueurs et écoutait leur intervention avec beaucoup d'attention. Le souvenir de Gicquel est celui d'un homme bon et modeste. Il détestait sa célébrité (il devint une victime de Coluche, dans son sketch "la Publicité" : "Quand y a un avion qui s'écrase dans le monde, c'est sur les pompes à Roger Gicquel!") et avait donc choisi de s'éloigner des caméras dans les années 80 et du micro à l'âge de la retraite. En lisant sa biographie sur internet, il apparaît qu'il fut ausi steward, comédien, consultant à l'Unesco et bien sûr, amoureux de sa Bretagne d'adoption, lui, le natif de l'Oise. Le journaliste était passionné, la carrière n'était pas le centre de sa vie. Dans notre métier, les profils à la Gicquel sont une espèce en voie de disparition. Merci infiniment à lui d'avoir traversé le métier avec élégance, bienveillance et avec ce beau sourire un peu triste.

Roger Gicquel
Roger Gicquel © Radio France
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