Otages Cameroun
Otages Cameroun © Radio France

Trois adultes et quatre enfants de cinq à 12 ans ont été enlevés mardi matin dans le Nord du Cameroun, près de la frontière nigériane. Le groupe islamiste Boko Haram est dans le viseur de Paris.

A Paris, le groupe GDF-Suez a fait savoir qu'il s'agissait d'un de ses collaborateurs, expatrié à Yaoundé, capitale du Cameroun, et de sa famille.

Une famille, les parents et leurs quatre fils, qui vivait au Cameroun en toute quiétude depuis plusieurs années.

Leur portrait avec Géraldine Hallot

François Hollande condamné un "acte odieux" et a précisé en marge d'une visite en Grèce qu'ils avaient été enlevés "par un groupe terroriste que nous connaissons et qui est au Nigeria". Il a ajouté

Nous ferons tout pour les faire libérer, j'espère dans les prochains jours.

Les dernières précisions au Nigeria de Julie Vandal

Sept otages français étaient déjà détenus au Sahel et un autre au Nigeria par des groupes islamistes. L'enlèvement a eu lieu vers 7h du matin dans un village à une dizaine de kilomètres de la frontière nigériane, près du parc national de Waza et du lac Tchad, une région touristique prisée des étrangers.

Les précisions à Yaoundé de Sara Sakho

Selon Radio France Internationale (RFI), les Français - les deux parents, deux garçons, deux filles et un autre membre de la famille - ont été enlevés par six hommes armés de Kalakchnikov circulant à moto puis conduits en territoire nigérian. Le véhicule de la famille a été ensuite retrouvé abandonné.

Les sept Français avaient décidé de se rendre à Kalamaloé au nord du Cameroun. C'est sur cette route pourtant surveillée par les militaires qu'ils auraient été pris en otage, comme l'explique le conservateur du parc de Waza, André Dida aumicro de Géraldine Hallot.

Selon la télévision nationale camerounaise, qui cite des témoins sur place, les trois adultes ont été séparés des enfants. L'armée camerounaise a déployé des soldats dans la région.

Ces rapts surviennent alors que l'armée française intervient depuis plus d'un mois contre des groupes armés islamistes dans le nord du Mali. C'est la première fois que des étrangers sont enlevés dans le nord du Cameroun.

"La plus grande probabilité, c'est qu'ils soient emmenés au Nigeria", a dit François Hollande. "Donc nous faisons tout pour éviter qu'ils soient retenus dans ce pays."

Le président français a refusé d'établir un lien entre l'intervention française au Mali et cet enlèvement. François Hollande a ajouté :

Je vois surtout l'implantation d'un groupe terroriste, Boko Haram en l'occurrence, dans cette partie-là du Cameroun, et c'est suffisamment inquiétant pour nous mobiliser.

Selon des sources camerounaises, des membres des forces spéciales françaises seraient arrivées au Cameroun, venant du Tchad, pour contribuer à l'enquête. Paris n'a pas confirmé mais reconnait au moins la présence de gendarmes français au Cameroun pour des constatations sur place.

La patte de Boko Haram ?

Les otages sont-ils au Nigéria ? Les précisions de Julie Vandal

Les islamistes ont conduits leur otages au Nigeria, disent les autorités camerounaises. Lors d'une conférence de presse à Paris avec le Premier ministre malien Diango Cissoko, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a aussi insisté sur la piste nigériane :

Tout nous permet de penser que c'est probablement cette secte, Boko Haram.

Il n'y a certes pas de revendication pour l'instant. Mais tout ou presque désigne Boko Haram.

Les précisions de Christian Chesnot

Sept français enlevés
Sept français enlevés © Radio France

Le nord-est du Nigeria, frontalier du Cameroun, est un bastion de la secte islamiste Boko Haram. Ce groupe, responsable de nombreuses attaques et attentats, a pris les armes pour tenter d'imposer la "charia" (loi coranique) dans la moitié nord du pays le plus peuplé d'Afrique qui compte approximativement autant de musulmans que de chrétiens.

La région est également la proie de bandes criminelles qui profitent de l'insécurité provoquée par l'insurrection islamiste pour se livrer à des attaques à main armée. François Hollande a exhorté les ressortissants français présents dans la région à la prudence.

"Nous appelons à une grande vigilance de la part des entreprises, de la part de nos ressortissants, pour qu'ils ne prennent aucun risque inutile", a-t-il déclaré. A Paris, le ministère des Affaires étrangères a "formellement déconseillé" aux Français d'aller dans l'extrême-Nord du Cameroun, des rives du Lac Tchad au Sud de Maroua, et à la frontière avec le Nigeria, "jusqu'à nouvel ordre".

"Les ressortissants français qui se trouveraient actuellement à l'extrême-nord du pays doivent impérativement se mettre en lieu sûr et quitter la zone au plus vite", a fait savoir le Quai d'Orsay.

GDF-Suez développe un projet de liquéfaction de gaz naturel dans le sud du Cameroun. Interrogé sur l'éventuel rapatriement de personnels, un porte-parole du groupe a dit à Reuters que la sécurité était "la première priorité pour GDF".

Mais dans le sud, "Yaoundé n'est pas situé dans une zone considérée à risques", a-t-il ajouté. Pourtant, Paris appelle les Français dans l'extrême nord à quitter la zone.

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