Noémie Lvovsky
Noémie Lvovsky © Radio France

Elle boit. Comédienne sans succès, mère de famille, la quarantaine, en crise, son mari, rencontré au lycée, la quitte,après 25 ans d’une relation passionnelle. Alors, elle boit, au point de tomber dans un coma éthylique.

Une fois réveillée, elle n'a plus 40 ans, mais 16! La voilà comdamnée à revivre déjà sa vie, dans son corps de femme quadragénaire, avec sa maturité d’adulte. Tous ses proches, eux, la voient encore, comme à l’époque, en ado des années 80.

La comédie commence sur fond de terreur et du miracle. Terreur de refaire les mêmes erreurs (surtout ne pas tomber amoureuse et enceinte de ce lycéen qui la quittera 25 ans après), miracle de retrouver ses parents et même miracle de reprendre le chemin de l’école tous les matins.

Il faut la voir, Noémie Lowsky, sur son vélo, dans ses habits d’adolescente des années 80, tee shirt à l’effigie des Clash, le walkman jaune canari dans la poche, écouter une cassette de Néna. Il faut la voir parler d’amour, des garçons, du futur avec ses trois copines d’école.

La cinéaste tient son cap, le genre qu’elle a choisi avec sa co- scénariste Florence Seyvos : la comédie, sans excès, sans lourdeur, avec un équilibre idéal entre l’émotion (ce passé qui affleure) et les questions existentielles qui naissent de sa situation tellement inédite: quand je sais ce que je vais vivre et que cette vie n’est pas heureuse, dois je me l’interdire ou risquer à nouveau de le vivre?

On est touché, souvent, par la finesse du regard de la cinéaste, par sa justesse, tout simplement. Ses plus beaux moments sont ceux passés avec ses parents. Un exemple. Elle aimait la voix de sa mère mais n'a pas conservé de trace. Comme elle revit ce passé en famille, elle met sans arrêt un micro sous le nez de ses parents, en leur disant, par exemple : « chantez la chanson de Barbara, une petite cantate… »

Quand Yolande Moreau, extraordinaire de sobriété, entonne cette chanson, vous devinez autour de vous les larmes couler dans la salle. Le thème est peut etre déjà vu, au cinéma (« Peggy Sue s’est mariée…) ou même dans le manga japonais "Quartier lointain", de Taniguchi, qui traite exactement la même situation, mais Llowsky semble l’inventer à chaque plan. Elle n'est pas dans la carricature d'une adulte déguisée en ado. Elle est cette ado, cette femme en devenir.

Le film a bien démarré. Faites en sorte que « Camille redouble » soit le carton de cette rentrée!

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.