Or donc, et avec un retard éloquent, AU-DELA DES COLLINES de Cristian Mungiu dont voici en pélude le synopsis :

Alina revient d'Allermagne pour y emmener Voichita, la seule personne qu'elle ait jamais aimée et qui l'ait jamais aimée. Mais Voichita a rencontré Dieu et en amour, il est bien difficile d'avoir Dieu comme rival.

AU-DELA DES COLLINES
AU-DELA DES COLLINES © radio-france

On fut en son temps surpris par la nouvelle et grande vague roumaine cinématographique. On découvrit des œuvres souvent décapantes, cyniques, drôles et terriblement lucides sur les années de dictature notamment. Comme tout effet de mode, on attendait la suite. Avec cet AU-DELA DES COLLINES, on reste à vrai dire perplexe. Acclamé par la presse étrangère, le film divise les critiques hexagonaux. De fait, on est indiscutablement loin de la belle et troublante radicalité de 4 MOIS, 3 SEMAINES, 2 JOURS, même si des passerelles existent entre les deux films qui, par exemple, privilégient deux figures féminines à chaque fois. Si l'on voulait plaisanter un peu, on dirait que tous comptes faits et tous réalisateurs confondus, le cinéma roumain excelle dans le filmage des hôpitaux et des commissariats...Et les rares incursions de ce genre dans le nouveau film de Mungiu confirment ce faux axiome. Or, l'essentiel du film est ailleurs, dans un monastère orthodoxe, au sein d'une communauté féminine dirigée de main de fer par un pope. C'est l'occasion pour Mungiu d'apporter sa contribution (éclairante?...) à ce qui est une figure classique de la création artistique : la description du poids de la religion dans la vie de certains.

Ici, on accepte guère qu'une amitié (et plus manifestement car affinités...) puisse lier deux jeunes femmes et la résolution du problème prendra la forme d'un exorcisme musclé comme il se doit. Difficile au fond de se passionner vraiment pour ce récit parfaitement conduit par Mungiu et dont quelques scènes tournées sous la neige font penser à du Bruegel (ce qui n'est déjà pas si mal...!). Difficile d'y trouver une approche nouvelle et un traitement original. On espérait un Mungiu coup de poing comme le précédent, il nous la joue en mode mineur et religieux. Comme un remake atténué de sa Palme. C'est décidément d'ailleurs une certaine tendance de cette sélection 2012. Quelques-uns, et non des moindres, tentent de refaire ce qu'ils ont déjà fait et en général mieux fait par le passé : Vinterberg court après son FESTEN de 1998, Resnais fait semblant de n'avoir jamais tout dit dans L'AMOUR A MORT en 1984 (on y reviendra), Salles poursuit inutilement la piste du road-movie initiatique après son CARNETS DE VOYAGE en 2004 (on y reviendra tout autant) et dans un autre ordre d'idée Ulrich Seidl ne parvient pas vraiment à éclipser le Laurent Cantet d'APRES LE SUD. On rétorquera que le cinéma, comme les autres arts, trouve sa nouveauté dans la répétition. C'est vrai. Mais, hier, à 8h30, j'ai vu AMOUR de Michael et s'en remettre n'est pas chose aisée...

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