Et tout d'abord, retour sur une petite polémique amorcée dans "Le Monde" par deux cinéastes et une actrice. Elles ont bien raison de stigmatiser le recours par le Festivalà des femmes dès lors qu'il s'agit de s'afficher (Monroe encore et toujours...quelle imagination...) ou de présenter (par la nouvelle BB...Bérénice Béjo...mais passons !) ou bien encore de descendre et monter des marches pour représenter des créateurs de mode et de bijoux.

Affiche de Cannes
Affiche de Cannes © Festival de Cannes 2012

A Cannes (mais comme ailleurs en ce domaine)le glamour est unilatéralement féminin.Ce qui finit par lasser et par irriter légitimement. A contrario , on ne peut donner raison à nos trois artistes quand elles étendent leurs critiques à la sélection officielle en déplorant sa "masculinité" totale. Thierry Fremaux est dans son droit quand il leur répond que l'instauration d'un quota (lequel d'ailleurs ne pourrait être que paritaire !) n'aurait ici aucun sens. La sélection relève d'abord d'un choix forcément subjectif et ne vise pas à refléter un état objectif de la situation du cinéma dans le monde. On peut déplorer le nombre trop faible de femmes cinéastes .On peut même essayer d'analyser le pourquoi et le comment d'une telle situation dont la réalité est indéniable. Mais de là à instaurer un volontarisme cannois, ce serait proprement ridicule. Quoi ? faudrait-il préférer un mauvais film parce qu'il a été réalisé par une femme ? Ridicule ! On souhaite donc un Festival qui se débarrasse de certains clichés machos qui confine la moitié du monde à des rôles de potiches ou de femmes-sandwiches. Mais dans le même temps, on souhaite un Festrival à qui l'on fiche la paix quant à ses choix éditoriaux. Composer une sélection, ce n'est pas composer un gouvernement !

Le Festival vient de commencer à l'instant et les Festivaliers présents dans la salle Lumière vont donc découvrir le nouveau film de Wes Anderson. Je reste décidément extérieur à cet univers maniéré qui traite de l'enfance avec une fausse naïveté et une volonté de faire joli et mièvre. On est loin, bien loin donc des Pialat et des Eustache revendiqués par Anderson. Même le Truffaut de "L'Argent de poche" ne saurait tenir lieu d'héritier car chez lui les adultes ne sont jamais des caricatures . Mieux vaudrait aller voir du côté de "Jeux interdits", la douleur de l'époque en moins. C'est dire si le film d'Anderson n'est guère convainquant. Reste une virtuosité cinématographique indéniable. Mais est-ce suffisant ? On verra demain avec le nouveau film de Jacques Audiard que l'ambition démesurée n'est jamais un défaut et que la volonté de fendre l'armure porte toujours de beaux fruits artistiques. C'est tout le mal que l'on souhaite à Anderson pour son prochain film.

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