Le marché du transport par bus créé par la loi Macron a démarré en trombe, mais n'est pas encore rentable et se retrouve à l'étroit dans des gares routières vétustes.

Emmanuel Macron sortant d'un bus, à la gare routière Gallieni, à Paris, en juillet dernier.
Emmanuel Macron sortant d'un bus, à la gare routière Gallieni, à Paris, en juillet dernier. © Maxppp / Thomas Padilla

Vous avez peut être voyagé en car, cette année plutôt qu'en train. Il y a un an tout juste, la Loi Macron était adoptée. Elle a libéralisé le transport par autocar en France. Aujourd'hui, trois opérateurs se partagent le marché, et revendiquent près de 4 millions de passager. Un succès indéniable... mais si les lignes se sont très vites développées, ce n'est pas le cas des gares routières, dans lesquelles ces bus partent et arrivent. Elles sont souvent en mauvais état, et ressemblent plutôt à de simples parkings, sans aucune commodité.

L'autocar est devenu "un moyen de transport de masse, on a gagné notre pari", se réjouit Pierre Gourdain, directeur de Flixbus France, qui totalise 1,6 million de voyageurs grâce au rachat du britannique Megabus en juin. "Le réseau a été déployé de façon massive tout au long de l'année", atteste Roland de Barbentane, directeur de Ouibus (groupe SNCF), qui cumule 1,5 million de billets vendus, avec l'intégration en juin du réseau de PME Starshipper. "C'est une réussite du point de vue du consommateur", insiste Hugo Roncal, directeur d'Isilines (groupe Transdev), qui a transporté plus de 600.000 personnes depuis sa création.

"Les prix augmenteront" 

La réussite économique est en revanche loin d'être acquise. "Personne n'a gagné d'argent sur cette première année et il faudra quelques années pour le faire", affirme-t-il. Seul Flixbus se montre plus optimiste et affirme qu'il "sera à l'équilibre à l'été 2017", sans relever ses prix. Avec un taux de remplissage moyen un peu au-dessus de 50 %, "il y a encore de la marge et on peut arriver à la rentabilité avec ces tarifs sans problème", assure M. Gourdain, à contresens de ses rivaux.

"Les prix augmenteront parce qu'ils doivent correspondre à la réalité du coût de production", prédit à l'inverse M. de Barbentane, convaincu néanmoins que l'autocar "restera toujours le mode de transport le moins cher". "Quand on voit les différences de prix avec les autres modes, il y a un vrai espace économique", confirme M. Roncal, qui s'attend aussi "à ce que les prix augmentent à un moment". Cela ne devrait pas empêcher la demande de s'amplifier encore. Les trois rescapés de l'an I voient le marché croître jusqu'à 15, 20 voire 30 millions de passagers par an, comme en Allemagne ou en Espagne.

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