PARIS (Reuters) - "Carlos" a décrit mercredi devant la Cour d'assises spéciale de Paris sa jeunesse "aisée", bercée d'idéologie communiste, puis ses combats en Jordanie aux côtés du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP), regrettant dans un sanglot ses "camarades morts".

Au détour de maintes digressions, la légende du terrorisme des années 1970 et 1980, jugé une seconde fois en France où il est emprisonné depuis 17 ans, a répondu aux questions du président de la cour sur sa personnalité et son parcours.

Remis à la France par le Soudan en août 1994, Ilich Ramirez Sanchez purge une condamnation à perpétuité prononcée en 1997 pour les assassinats de deux policiers français de la DST et leur informateur, en 1975 à Paris.

Il est aujourd'hui jugé pour quatre attentats qui ont fait onze morts et près de 150 blessés en 1982 et 1983.

Se disant révolutionnaire "de naissance", Carlos, qui dit avoir quatre enfants, a raconté dans le détail son enfance confortable, au Venezuela, où il est né, mais aussi au Mexique, en Jamaïque, en Colombie et aux Etats-Unis.

"On n'était pas des milliardaires, mais on était aisés", a-t-il dit, précisant que sa famille disposait de près de dix employés de maison, dont des précepteurs qui l'ont éduqué chez lui jusqu'à l'âge d'environ 10 ans.

"À BONNE ÉCOLE"

Bercé depuis le plus jeune âge dans l'idéologie marxiste-léniniste et communiste, Carlos a dit avoir été "à bonne école".

Son père, riche avocat et marxiste-léniniste à la "conception quasiment religieuse de son engagement", entretenait une certaine proximité avec l'idéologie défendue aujourd'hui par Hugo Chavez, l'actuel président vénézuélien.

C'est pour les éloigner des "conneries religieuses", a-t-il dit, qu'il a confié l'éducation de ses enfants à un précepteur "communiste", et parce qu'il était convaincu qu'"il n'y avait pas de justice, (mais) une justice de classes", qu'il a convaincu Carlos d'étudier les sciences, et non le droit.

Dès l'âge de 15 ans, Carlos adhère à l'organisation clandestine de la Jeunesse communiste à Caracas, les débuts d'un engagement aux côtés de l'extrême gauche armée dont les souvenirs l'ont ému.

Après des études à Londres puis à Moscou où il a notamment fédéré les étudiants vénézuéliens des pays d'Europe de l'Est, Carlos rejoint la Jordanie. Il s'y battu aux côtés du FPLP à partir de septembre 1971, notamment durant le "septembre noir".

"J'ai vu des bombardements, des civils, des gens tués comme des chiens", a-t-il murmuré dans un sanglot.

Le président vénézuélien a soutenu à plusieurs reprises son compatriote. Mardi, Hugo Chavez a demandé à ce que ses droits soient respectés lors de son procès. Tout en saluant un "vénézuélien 100%", Carlos a dit ne l'avoir jamais rencontré.

Chine Labbé, édité par Patrick Vignal et Gilles Trequesser

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