Une carte sur les tentatives d'intimidation et les fraudes électorales en Russie, une autre sur les harcèlements sexuels en Égypte, la cartographie politique et participative, dite "crowdmapping" a le vent en poupe.

C'est le site Ushahidi ("témoin" en swahili) qui a été le premier à utiliser la technologie de crowdmapping pour donner la possibilité aux Kenyans en 2007 de dénoncer les fraudes électorales après l'élection présidentielle.

Carte des irrégularités du scrutin russe
Carte des irrégularités du scrutin russe © Radio France / Radio France

Que ce soit par SMS ou par mail, les témoins d'une fraude peuvent envoyer un témoignage écrit, photo ou vidéo et localiser l'irrégularité. Ce message est ensuite positionné sur une carte google. L'agrégation de tous ces témoignages permet de construire une mémoire vivante d'évènements souvent cachés par les pouvoirs en place. Elle constitue à ce titre un contre-pouvoir citoyen fondé sur l'utilisation des réseaux internet et GSM.

Ushaidi s'appuie sur la plateforme libre et opensource Swiftriver qui donne la possibilité à n'importe quelle organisation de trier et vérifier des informations qui arrivent en masse par SMS, Twitter, Facebook ou par mail.

Une technologie gratuite en plein développement

Les technologies de "crowdmapping" d'Ushahidi ont fait des émules : en 2010, elles ont été utilisées lors des séismes en Haïti et au Chili, à l'occasion des incendies en Russie ou pour localiser les incidents liés à une tempête de neige aux Etats-unis.

Plus récemment, l'ONG russe Golos (la voix en russe) a répertorié près de 5.000 irrégularités pendant la campagne électorale des élections législatives de 2011. La carte a été consultée par près d'un million d'internautes.

En Egypte, une carte des harcèlements sexuels a été mis en place pour aider les femmes victimes d'agressions. Les victimes peuvent envoyer un SMS ou un tweet et le signaler. Une carte des lieux dangereux est en construction permanente sur le site [harassmap.org](les femmes peuvent envoyer un SMS ou un tweet et le signaler. Une carte des lieux dangereux se dessine peu à peu sur le site harassmap.org.).

Les enjeux du "crowdmapping" expliqués par Patrick Meier, co-fondateur du réseau international de la cartographie des crises :

Pour créer en quelques clics votre carte interactive, Ushahidi met à votre disposition l'outil crowdmap. Pas besoin de serveur ou de savoir-faire spécifique en développement, votre carte est hebergée chez Ushahidi. C'est désormais à vous de mobiliser les témoins potentiels de la situation que vous voulez dénoncer.

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