Des embouteillages, du monde dans les rues et jusqu'ici assez peu de contrôles de police. Les chauffeurs de taxis sont les témoins privilégiés du respect à géométrie variable du confinement. Le ministère de l'Intérieur promet des contrôles renforcés.

Un taxi en attente de clients à Paris
Un taxi en attente de clients à Paris © Radio France / Sébastien Sabiron

Tous vivent ce même paradoxe : avec ce confinement beaucoup plus "light" qu'au printemps dernier, les rues sont beaucoup plus fréquentées, parfois bouchées, mais eux ne voient pas l'ombre d'un client. "Aujourd'hui, je n'ai eu qu'une seule course à 12€" se lamente Ali, chauffeur à Paris, garé devant la Gare du Nord. Il souffre surtout de l'absence de touristes et de voyageurs d'affaires. 

Et contrairement au premier confinement, Ali n'a encore jamais été arrêté pour un contrôle d'attestation de sortie de ses passagers. De même pour Yazid, chauffeur à Marseille, qui note un vrai contraste avec le confinement du printemps.

J'ai l'impression que c'est désert au niveau des forces de police. Il y a vraiment très peu de contrôles. En même temps, c'est compréhensible car le flux de voitures est beaucoup plus important qu'au printemps. Aux heures de pointe, il serait impossible de contrôler.

Car avec ce "vrai-faux confinement", difficile d'identifier les éventuels fraudeurs, estime Thajeev, chauffeur de taxi à Paris : "entre le travail, les enfants, les courses, les gens ont des tas de raisons de sortir plusieurs fois par jour. J'ai l'impression que la plupart des contrôles ont lieu après 21h, car il y a moins de monde dans les rues". 

Dans une note adressée lundi aux préfets, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin demande "une particulière fermeté" pour faire respecter le confinement, avec une présence plus visible des forces de l'ordre sur le terrain. Chauffeur de taxi à Bordeaux, Lofti a effectivement remarqué plus de fonctionnaires de police depuis quelques jours, dans le centre-ville, sur la rocade et au niveau des sorties de péages. Mais là encore, dit-il "rien à voir avec le premier confinement", où la présence policière était beaucoup plus visible.

Depuis l’entrée en vigueur du nouveau confinement le 29 octobre, le ministère de l’Intérieur comptabilise 65 000 verbalisations dont 20 000 dans les huit départements d’Île-de-France.

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