Léone Nogarède se souvient encore de l'arrivée nocturne de la jeune troupe à Avignon, la troupe choisie par Jean Vilar pour jouer dans la Cour d'Honneur. Il est 22 heures, le voyage en train a été long. Les acteurs veulent manger et dormir. Vilar les oblige à le suivre dans la Cour. Il fait nuit, les jeunes comédiens lèvent la tête, regardent l'architecture et le ciel en écoutant les martinets qui les saluent de leur cri strident. La légende est en route. Cette année là, en 1947, dans le cadre d'"une semaine d'art en Avignon", la troupe jouera trois spectacles, devant un public nouveau, en plein air, loin des salles parisiennes.

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Avignon © Radio France

Dans la cité des Papes, quelques jours en septembre puis les années suivantes, en juillet, Vilar va rendre le théâtre au peuple, l'initier au répertoire, le cultiver, l'élever, avec en tête, cette phrase si belle: "Un poète, et tout sera sauvé". Il sera toute sa vie un praticien doublé d'un théoricien dont les idées généreuses retentissent encore dans le théâtre public aujourd'hui.

"L'atelier fantôme de Jean Vilar", sur France Inter, à 19h 20, et en podcast sur franceinter.fr

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