Fermerture de l'ambassade américaine, refus français d'intervenir, les pays occidentaux protègent leurs ressortissants en Centrafrique, tout en essayant de rester à distance du conflit qui enfle.

Hier, le président centrafricain François Bozizé a demandé à la France et aux Etats-Unis de l'aider à repousser les rebelles. Ceux-ci menacent désormais la capitale, Bangui.

Mais François Hollande, en marge d'un déplacement à Rungis, lui a opposé une fin de non-recevoir: "Si nous sommes présents, ce n'est pas pour protéger un régime, c'est pour protéger nos ressortissants" a déclaré le Président de la République. "Ce n'est pas pour intervenir dans les affaires intérieures de la Centrafrique. Ce temps-là est terminé" a-t-il ajouté.

Paris compte aujourd'hui 250 militaires présents en RCA dans le cadre d'une mission de maintien de la paix.

Ecoutez l'inquiétude de Danielle, française installée en Centrafrique depuis 35 ans, jointe au téléphone par Sébastien Laugénie

Les États-Unis ont quant à eux annoncé jeudi l'interruption de toute opération à la mission américaine de Bangui et le départ de République centrafricaine de l'ambassadeur et du personnel diplomatique.

"Cette décision est uniquement due à des inquiétudes concernant la sécurité de notre personnel et n'a pas de rapport avec nos relations diplomatiques continues et de longue date avec la RCA", a déclaré Patrick Ventrell, porte-parole du Département d'État, dans un communiqué.

Les États-Unis appellent les différentes parties à dialoguer, est-il ajouté.

la france présente en centrafrique pour protéger ses ressortissants, selon françois hollande
la france présente en centrafrique pour protéger ses ressortissants, selon françois hollande © reuters

L'appel du président centrafricain a coïncidé avec les efforts déployés par les dirigeants de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC) pour arracher un accord de cessez-le-feu à des insurgés qui ont affirmé avoir stoppé leur avance sur la capitale pour permettre ces discussions.

Retour sur le parcours de François Bozizé avec Bertrand Gallicher de France Inter

"Nous demandons à nos cousins français et aux Etats-Unis, qui sont des grandes puissances, de nous aider à repousser les rebelles sur leurs positions initiales afin de permettre un dialogue à Libreville pour résoudre cette crise", a dit le chef de l'Etat centrafricain lors d'un discours prononcé sur la place principale de Bangui.

Les forces armées centrafricaines ont lancé vendredi une contre-offensive pour reprendre aux rebelles la ville stratégique de Bambari, au centre du pays alors que des négociations ont été annoncées "sans délai" et "sans conditions" sous l'égide de la Communauté économique des Etats d'Afrique centrale (CEEAC).

A Bangui, la situation était calme vendredi. Les prix des denrées alimentaires étaient néanmoins en forte hausse sur le marché, témoin des inquiétudes des habitants devant la menace rebelle.

La correspondance de Sarah Sakho de RFI

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