Les images sidérantes du jeune Omran Daqneesh, rescapé d'un raid aérien sur Alep, en Syrie, marquent l'impasse d'un conflit brutal qui a déjà fait près de 300 000 victimes.

Omran Daqneesh, 5 ans, attend des soins après le bombardement de son quartier à Alep, en Syrie, par des forces pro-régime, le 17 août 2016.
Omran Daqneesh, 5 ans, attend des soins après le bombardement de son quartier à Alep, en Syrie, par des forces pro-régime, le 17 août 2016. © AFP

Hamza al-Khatib, l'emblème de la révolution

Hamza al-Khatib, 13 ans, a été arrêté le 29 avril 2011 en marge de manifestations hostiles au régime de Bachar el-Assad à Deraa. Des mouvements populaires alors pacifiques. Deux mois plus tard, c’est le corps sans vie, mutilé, de l’enfant qui était remis à ses parents. Et une vidéo diffusée sur internet témoignait des sévices dont il avait été victime.

Dans la foulée, un groupe Facebook baptisé Nous sommes tous Hamza al-Khatib voyait le jour et des manifestations indignées, pour dénoncer la mort de l’enfant, émaillaient plusieurs grandes villes de Syrie. Le début d’une révolution – 15 personnes ont été tuées par les forces de l’ordre ou leurs nervis dans les deux jours qui ont suivi la remise du corps – qui devait s’enliser dans une sanglante guerre civile

Aylan, la prise de conscience du drame des migrants

En fuyant le chaos syrien par la mer, les parents d’Aylan Kurdi, 3 ans, pensaient lui offrir un avenir en Europe. Le 2 septembre 2015, le monde entier a découvert sur une plage turque, à Bodrum, le corps de l’enfant mort noyé dans le naufrage d'une embarcation de migrants.

La photo de la jeune victime, qui a circulé comme une traînée de poudre sur les réseaux sociaux, devait marquer le début d’une prise de conscience collective du drame des migrants syriens. Au lendemain de sa diffusion, le Président de la République François Hollande proposait à l'Union européenne, en accord avec Berlin, « un mécanisme permanent et obligatoire » d'accueil pour répartir les réfugiés et les demandeurs d'asile.

Omran Daqneesh, symbole de l’horreur et de l’impasse syriennes

Ce 17 août 2016, les internautes découvrent sur les réseaux sociaux le visage ensanglanté et hagard d’Omran Daqneesh, 5 ans. Sous l’œil des caméras, l’enfant, rescapé d’un énième bombardement aérien, témoigne de la brutalité du conflit à Alep, où s’opposent les rebelles et le régime ou ses alliés.

► ► ► ÉCOUTEZ | Cette image, le photographe franco-syrien Ammar Abd Rabbo la décrypte au micro de Marc Bertrand

Une dignité et une détresse qui doivent interpeller les autorités internationales sur la nécessité de trouver une issue sur un conflit qui a déjà tué près de 300 000 personnes, dont des milliers d’enfants, depuis 2011.

Omran Daqneesh, comme d’autres jeunes victimes des raids qui n’ont pas cessé sur la ville syrienne depuis le 17 août, a été pris en charge à l’hôpital. Victime d’une blessure à la tête, il ne devrait pour autant pas souffrir de séquelles.

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