C'est une fusée qui fait craindre des missiles. D'ailleurs, la communauté internationale ne s'y est pas trompée : le Conseil de sécurité de l'Onu doit se réunir dans la journée, quelques heures après ce tir nord-coréen.

Le premier tir, en avril dernier, s'était soldé par un échec cuisant pour le régime de Kim Jong-un. La fusée s'était abîmée en pleine mer, à peine deux minutes après son décollage.

On pensait le projet abandonné, mais la Corée du Nord a finalement effectué... et réussi un deuxième tir, peu avant 10h (heure locale, 3 heures à Paris). L'enfin est passé à la verticale de l'île japonaise d'Okinawa. Objectif officiel : mettre en orbite un satellite météo, selon l'agence de presse nord-coréenne KCNA. "Le satellite a rejoint l'orbite prévue", a annoncé un présentateur de la télévision nord-coréenne, sur fond de chansons patriotiques, typiques du régime.

Car ce lancement, c'est moins un succès technique que symbolique pour le dirigeant nord-coréen. Frédéric Ojardias.

Le commandement de la défense aérospatiale de l'Amérique du Nord (Norad) a confirmé que la fusée a bien déployé dans l'espace un objet qui aurait atteint son orbite. Quant au deuxième étage de la fusée, il est tombé en mer comme prévu, au large des Philippines.

La communauté internationale très inquiète

Ce tir a évidemment eu des conséquences diplomatiques immédiates. Avec d'abord des menaces de nouvelles sanctions de la part des États-Unis et de l'Union européenne. La Russie et la Chine, traditionnels soutiens de la Corée du Nord, ont eux regretté l'expérience.

La Maison blanche parle même d'un "acte hautement provocateur". Elle promet de travailler avec ses partenaires internationaux à une "action appropriée" contre Pyongyang. L'UE a emboîté le pas quelques heures plus tard aux Etats-Unis, par la voix de Catherine Ashton, chef de la diplomatie européenne, qui a envisagé de "nouvelles mesures restrictives".

Ce qui les inquiète, c'est un possible objectif caché de Pyongyang, Dominique André.

À l'Onu, la réunion des 15 pays membres du Conseil de sécurité, demandée par le Japon, aura lieu en fin de journée. Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-Moon a dénoncé "une violation claire de la résolution 1874 dans laquelle le conseil demande à la Corée du Nord de ne pas procéder à des lancements utilisant la technologie de missiles balistiques".

Pyongyang estime avoir le droit de procéder à des lancements de satellites, mais les Occidentaux affirment qu'il s'agit seulement d'essais afin de maîtriser la technologie de fusées balistiques à longue portée capables d'atteindre le territoire américain.

Les Nations unies ont adopté des résolutions interdisant à la Corée du Nord de procéder à ce genre de tirs et à des essais nucléaires après les tests opérés en 2006 et 2009.

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