BAYONNE, Pyrénées-Atlantiques (Reuters) - Des CRS sont intervenus jeudi à Bayonne pour dégager les accès d'un café où Nicolas Sarkozy était assiégé par des manifestants, un incident dans lequel le président a vu le résultat de l'"épuration" annoncée selon lui par François Hollande.

Le secrétaire général de l'UMP, Jean-François Copé, a exigé du candidat socialiste à l'élection présidentielle qu'il condamne ces incidents causés par "l'alliance inacceptable" de militants socialistes et d'indépendantistes basques qui ont, accuse-t-il, "perpétré des violences inadmissibles à l'encontre du Président de la République."

En campagne au Pays basque, Nicolas Sarkozy est arrivé peu avant 16h00 à Bayonne, où il a été immédiatement chahuté.

Il a été accueilli par des sifflets et des lâchers de bulletins de vote factices en forme de "oui" à la création d'une collectivité territoriale basque. Des militants du Parti socialiste s'étaient aussi mêlés à la foule, où les sympathisants UMP ont eu du mal à se faire entendre.

Nicolas Sarkozy n'a eu le temps que de visiter un seul commerce dans la cohue avant de gagner le café où, comme à Annecy pour sa première sortie de campagne, il s'est entretenu avec des habitants et des commerçants.

Des centaines de manifestants ont été repoussés à distance par les forces de l'ordre, a constaté un journaliste de Reuters.

Avant de partir, il a dénoncé les manifestants, déclarant à des journalistes : "Je n'accepterai pas qu'une minorité saccage une ville".

"J'ajoute que je suis désolé de voir que des militants socialistes de M. Hollande s'associent à des indépendantistes dans des manifestations de violence pour terroriser des braves gens, a-t-il indiqué.

"On n'acceptera rien, simplement parce qu'on a la force des convictions qui sont les nôtres", a-t-il ajouté, assurant que François Hollande "a annoncé l'épuration. Forcément ça échauffe les esprits des gens de la base".

"35 HECTARES, CE N'EST PAS RIEN"

"Si c'est ça leur conception de la démocratie, si c'est ça la République qu'ils préparent, et bien ça ne donne pas envie qu'ils arrivent", a-t-il ajouté.

Michel Sapin, chargé du projet de François Hollande, a repoussé les accusations insinuant que le PS serait derrière ces troubles.

"Quand on est candidat on n'est plus président de la République, on n'est plus protégé par des centaines et des centaines de CRS qui évacuent toute population à plusieurs kilomètres à la ronde", a dit l'ancien ministre sur I> Télé.

Mais Manuel Valls, directeur de la communication, a regretté ces incidents sur BFM-TV.

"Nous sommes évidemment opposés à toute violence", a-t-il dit.

Avant cet incident, le président avait eu un échange amer avec une agricultrice à Itxassou, au sud-est de Bayonne.

Eleveuse de vaches laitières, elle se plaignait de la difficulté de son travail et de ses problèmes financiers.

"Enfin, ne dites pas que vous n'avez rien", a dit le président. "Vous être propriétaire de 35 hectares, ce n'est pas rien ! Moi, je ne le suis pas !"

Sans se laisser démonter, l'agricultrice a répondu : "Oui, mais vous avez autre chose sur votre compte en banque, je veux bien échanger."

Claude Canellas, avec Yann Le Guernigou et Elizabeth Pineau, édité par Yves Clarisse

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