Les faits se sont déroulés dans la nuit du 5 au 6 octobre dernier
Les faits se sont déroulés dans la nuit du 5 au 6 octobre dernier © Radio France / Sara Ghibaudo

Un adolescent de 16 ans affirme avoir été passé à tabac par la BAC du Val-de-Marne, dans la nuit du 5 au 6 octobre dernier. L'IGS, l'Inspection générale des services, a ouvert une enquête.

Chaïn n'était pas du genre à avoir des ennuis avec la police. "Lycée, sport, maison" martèle sa mère, Faïza, fière de ses trois enfants: l'aînée, 29 ans, dans l'armée, le benjamin, 21ans, étudiant en filière STAPS, le dernier "le soleil de la maison", élève sans histoire, en tous cas sans casier judiciaire, en première ES à Sucy-en-Brie. Ce vendredi soir, Chaïn, rentre du gymnase du Fort avec son grand frère. Le match de foot en salle s'est un peu prolongé, leur mère les a appelé pour leur dire de ne pas trop trainer. Vers minuit et demi, une voiture de la BAC départementale freine brusquement à leur niveau dans la rue de la Fosse Rouge. Un policier sort et attrape Chaïn par le bras. "J'ai eu peur" reconnait Chaïn, qui se met à courir, avant d'obtempérer et de lancer "contrôlez-moi". Le policier le met à terre, puis aurait commencé à le frapper, ce que confirment des voisins dont certains ouvrent les fenêtres pour crier.

L'agent a-t-il cru que Chaïn venait de dissimuler du cannabis sur lui, hypothèse avancée par une source syndicale? L'adolescent dément. Selon cette source, il y aurait eu tout au plus un plaquage au sol musclé, pour un adolescent mince et de taille moyenne. Chaïn est embarqué, et selon lui dans la voiture les coups continuent à pleuvoir, accompagnés d'insultes. "On va s'amuser avec toi" lui aurait lancé un agent, en faisant un détour par le bois de Limeil-Brevannes. Environ trois quarts d'heure après, les policiers déposent Chaïn quatre kilomètres plus loin, au commissariat de Boissy-Saint-Léger. Son nez saigne beaucoup, les pompiers sont appelés. Rien à signaler, selon eux : le nez a arrêté de couler, et d'après Chaïn terrorisé l'un des soldats du feu ne réagit pas à son discret appel de détresse. Vers deux heures du matin sa mère est appelée. Bouleversée par la vue de son fils "couvert de sang", elle s'entend répondre que Chaïn est tombé après avoir trébuché. Après une simple vérification d'identité, Chaïn est relâché.

Le récit de Chaïn :

Témoignage de Faïza, la mère de Chaïn :

Mais Faïza refuse d'en rester là. Le jour venu, elle emmène Chain à l'hôpital de Créteil, où le médecin constate des blessures au nez (avec fracture probable), au coude et dans le dos, de multiples hématomes au visage et des "érosions scrotales", peut-être témoin d'un serrage des parties génitales dont l'adolescent garde un souvenir humilitant. Aux urgences médico-légales de l'Hotel-Dieu, Chaïn se voit reconnaitre 5 jours d'incapacité totale de travail. Sa mère contacte aussi l'avocat Jérôme Karsenti, un voisin de Sucy-en-Brie. L'IGS, l'inspection générale des services, a ouvert une enquête et déjà entendu certains témoins. Me Karsenti envisage aussi de déposer une plainte pour "enlèvement et séquestration, accompagné d'actes de tortures et de barbarie". "J'ai élevé mes enfants dans le respect, ce n'est pas pour que la police me les abîme" s'indigne Faïza, qui va écrire à Manuel Valls".

Me Jérôme Karsenti, avocat de Faïza et Chaïn :

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