Les enquêteurs pensent à un tueur unique ayant délibérément visé un collège-lycée juif à Toulouse et des militaires d'origine maghrébine et antillaise dans cette même ville et à Montauban (Tarn-et-Garonne).

Les enquêtes ont toutes été regroupées sous la conduite de la section antiterroriste du parquet de Paris et la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Tous les principaux services de police judiciaire ont aussi été saisis.

"On est sur un acte qui trouble gravement l'ordre public par l'intimidation ou la terreur", la définition juridique d'un acte de terrorisme, a dit une porte-parole du parquet de Paris.

"On est plutôt sur l'hypothèse d'un même auteur, avec des actes prémédités, organisés et réfléchis", a-t-elle ajouté.

Un examen balistique a établi que la même arme de calibre 11.43 avait été utilisée dans les trois attaques, une seconde de calibre 9 mm ayant été utilisée dans celle contre l'école, dit-on de sources judiciaire et policière.

Les images de vidéosurveillance de l'école juive de Toulouse ont montré d'autres similitudes entre les trois fusillades, déclenchées à chaque fois par un homme casqué circulant sur un scooter de grosse cylindrée.

L'homme ose tuer en plein jour dans des quartiers fréquentés, est bon tireur, achève ses victimes et a pris la précaution, à Montauban, d'effacer toute empreinte ou trace ADN du chargeur de son pistolet automatique, comme l'a relevé le ministre de l'Intérieur Claude Guéant.

C'est "quelque chose d'irréel", a dit la présidente du Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif) en région Midi-Pyrénées, Nicole Yardeni, qui a pu visionner les images de la tuerie avant que celles-ci ne soient placées sous scellés.

Le point sur l'enquête à 18h avec Sarah Ghibaudo

"LUCIDITÉ EFFRAYANTE"

"On voit un homme qui court après des enfants, qui en attrape et qui met une balle dans la tête à un enfant de huit ans", a-t-elle raconté sur RTL.

Une même détermination à tuer avait été décrite par les témoins de la fusillade de Montauban. Une habitante a décrit à La Dépêche du Midi un "homme de taille moyenne assez corpulent".

"Il m'a bousculée, il s'est retourné et dans le mouvement, la visière de son casque s'est relevée de quelques centimètres, j'ai alors aperçu un tatouage ou une cicatrice au niveau de sa joue gauche. J'ai aussi entrevu ses yeux à travers la visière. Il avait un regard froid d'une lucidité effrayante", a-t-elle raconté.

Plus de 200 enquêteurs sont mobilisés et Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu sur place, a indiqué que le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, resterait à Toulouse le temps qu'il faudrait.

Le chef de la section antiterroriste du parquet de Paris Olivier Christen est également sur place.

Les enquêteurs ont identifié sur les images de surveillance la plaque d'immatriculation du scooter utilisé par le tueur de la fusillade de l'école juive de Toulouse, a-t-on appris de sources policière et judiciaire.

Ils ont pu ensuite constater que le deux-roues avait été acheté en mai dernier, dit-on de source policière.

Les enquêteurs explorent, parmi d'autres pistes, l'affaire de trois soldats du 17e régiment de génie parachutiste de Montauban auquel appartenaient deux des trois militaires assassinés, renvoyés de l'armée pour des activités néo-nazies.

Le Point.fr rappelle que les trois parachutistes avaient été chassés de l'armée en 2008, après avoir été dénoncés par un "frère d'arme."

La presse locale avait alors publié une photo des trois hommes posant devant des drapeaux nazis. Le portrait type de ces hommes fait à l'époque par leur accusateur correspondrait à celui du tueur fou de Toulouse, un homme tatoué et vêtu de noir.

Guillaume Serries, avec Thierry Lévêque édité par Yves Clarisse

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