Chine, une maison au milieu de l'autoroute
Chine, une maison au milieu de l'autoroute © MaxPPP / ChinaFotoPress

La maison de cinq étages trône au milieu d’un îlot de bitume, au beau milieu de l'autoroute deux fois deux voies d'une ville du Zhejiang, à l'est de la Chine. Preuve de l’obstination d'un éleveur de canards retraité et de sa femme, qui refusent de quitter leur appartement, dans un immeuble promis à la démolition.

Tout le quartier a été rasé pour faire place à la nouvelle autoroute, mais Luo Baogen et sa femme ont refusé de partir, estimant que l’indemnité d'expropriation est insuffisante.

L’urbanisation galopante en Chine, et les saisies foncières qui en résultent, sont l’une des principales raisons de révolte contre les autorités du pays. Ceux qui s'y opposent, bénéficient généralement de la compréhension de la population.

Les images impressionnantes de cette maison au milieu de l'autoroute ont circulé sur Internet en Chine cette semaine, devenant le symbole de la résistance. Les internautes parlant de "méthodes inhumaines du gouvernement".

Ces immeubles "résistants" ont même un surnom : les "maisons-clou". En 2007, une "maison clou" avait connu une large couverture médiatique lorsque les promoteurs avaient creusé tout autour de la maison un trou d'une dizaine de mètres de profondeur, coupant l'eau et l'accès à la maison.

Les voitures frôleront l’immeuble

Lu Baogen a confié aux journalistes que l'eau et l'électricité n'avaient pas été interrompues et qu'ils dormaient, lui et sa femme, dans des parties séparées de la maison, pour s'assurer qu'un pan n'allait pas être démoli.

Habituellement, les autorités chinoises n'hésitent pas à couper l'électricité et l'eau ou même démolir la maison, lorsque ses habitants sont absents. Cette fois-ci la nouvelle route, qui amène à la gare, est finie depuis quelques semaines mais n'a toujours pas été ouverte à la circulation.

Depuis quatre ans le couple lutte pour obtenir une compensation d'expropriation suffisante. La maison de Luo Baogen et sa femme a coûté 600.000 yuans. Le gouvernement lui en a proposé 220.000 pour déménager, puis l'offre est passée à 260.000 yuans. Depuis, Monsieur Luo aurait opté pour le relogement.

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