l’eurogroupe décide d’un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour chypre
l’eurogroupe décide d’un plan d’aide de 10 milliards d’euros pour chypre © reuters

Le président chypriote a accepté le plan de sauvetage négocié avec l'Eurogroupe, promettant de taxer les comptes bancaires des particuliers. Mais en moins de 24h la mesure a déjà provoqué la colère des chypriote, et le gouvernement fait machine arrière.

Le gouvernement chypriote propose finalement que les premiers 20.000 euros des dépôts bancaires soient exemptés de taxations, et qu'ensuite les taux préconisés pour obtenir le plan de sauvetage de 10 milliards d'euros de l'Union européenne soient maintenus, a-t-on déclaré lundi de source parlementaire à Nicosie. Le projet du gouvernement envisage de dédommager les déposants avec des actions et des obligations liées aux futurs revenus gaziers de l'île, ajoute-t-on.Un peu plus tôt, une source gouvernementale avait indiqué elle aussi que Chypre étudiait la possibilité de créer un seuil en dessous duquel les dépôts bancaires ne seraient pas soumis à taxation. "Des efforts sont engagés pour atténuer le fardeau qui pèse sur les petits déposants, avec un taux zéro de taxation", a dit cette source à Reuters.

Il faut dire que de leur côté, ces petits déposants se rebiffent depuis hier. Reportage à Nicosie de Michel Picard.

En vertu de l'accord passé avec les ministres des Finances de la zone euro en vue d'un plan de sauvetage de l'économie de l'île, les autorités chypriotes devraient instaurer une taxation de 6,7% pour les dépots bancaires de moins de 100.000 euros et de 9,9% au-delà.

Pourquoi une telle mesure ? Xavier Timbaud, économiste à l'Observatoire Français des Conjonctures Economiques, était l'invité de Claire Servajean dans le journal de 13h.

Vote reporté à mardi

Les ministres des Finances de l'Eurogroupe s'entretiendront lundi de la situation à Chypre à l'occasion d'une conférence téléphonique, a annoncé un porte-parole du ministère allemand des Finances.Il n'a fourni aucune autre précision mais son ministre de tutelle, Wolfgang Schaüble, a affirmé que la décision de ponctionner les dépôts bancaires à Chypre n'était pas une idée de l'Allemagne. Steffen Siebert, le porte-parole de la chancelière Angela Merkel, s'est dit ouvert pour sa part à l'établissement d'un seuil en dessous duquel les dépôts ne seraient pas soumis à taxation afin de ne pas pénaliser les petits épargnants.

Le vote du Parlement chypriote sur le plan de sauvetage a été reporté à mardi pour laisser plus de temps aux négociations sur ses modalités d'application, a dit un responsable de l'Union européenne.

"L'accord que nous avons conclu n'est pas celui que nous souhaitions mais il est le moins douloureux compte tenu des circonstances", déclarait dimanche le chef de l'Etat dans une allocution à la nation.Après dix heures de négociations à Bruxelles, les ministres européens, appuyés par la Banque centrale européenne (BCE) et le Fonds monétaire international (FMI), ont approuvé une taxe exceptionnelle sur les dépôts bancaires.

Cette taxe devait en principe être de 6,75% pour les comptes abritant jusqu'à 100.000 euros et de 9,9% au-delà. Mais nombre d'économistes contestent déjà le principe même de ce plan, propre à Chypre mais dangereux pour le reste de l'Europe.

C'est ce qu'explique Jean-Paul Polin, professeur d'économie à l'université d'Orléans.

Dimanche soir, des sources proches des négociations ont indiqué que Chypre discutait avec ses créanciers internationaux afin de moduler ces chiffres. De même source, s'exprimant sous le sceau de l'anonymat, on précisait que les discussions avaient la "bénédiction" de la troïka (UE, BCE et FMI).

La Russie sceptique

Peu après l'annonce de ce plan, les bourses asiatiques puis européennes ont commencé à chuter dans la matinée. Pire, la Russie ne semble pas du coup convaincue par les annonces de Chypre et par le plan européen. Le président russe Vladimir Poutine déclare même que taxer les dépôts bancaires serait "une mesure injuste et dangereuse". D'autant que cela toucherait directement des avoirs russes.

Car les sociétés russes et notamment les banques russes détiennent de nombreux avoirs dans les banques chypriotes... Ils sont estimés de 20 à 30 milliards de dollars.

Les explications de Caroline Larson.

De quoi mettre des bâtons dans les roues du plan de sauvetage de l'Eurogroupe avant même la décision du Parlement chypriote.

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