RODEZ, Aveyron (Reuters) - Le frère Pierre-Etienne Albert, accusé d'agressions sexuelles contre des enfants de sa communauté religieuse, a été condamné jeudi à cinq de prison par le tribunal correctionnel de Rodez (Aveyron).

Le tribunal a assorti cette condamnation d'un mandat de dépôt à l'audience.

Le parquet avait requis contre le prévenu la peine maximale de dix ans de prison. Exceptionnellement, le tribunal avait choisi de rendre son jugement le jour même.

L'homme d'église, aujourd'hui âgé de 62 ans et revenu à la vie civile, était jugé pour une série d'agressions sexuelles commises entre 1985 et 2001 sur 38 anciens pensionnaires mineurs de sa communauté, les Béatitudes.

Dans un communiqué publié avant le procès, la communauté indiquait que ce "frère consacré", très proche du fondateur des Béatitudes, n'avait jamais été "ni prêtre, ni diacre".

Dans son réquisitoire, le procureur Yves Delpérié a demandé à la cour la peine maximum prévue par la loi "parce que cet homme est un véritable pédophile, un prédateur dangereux".

"Vos actes terribles, monsieur, vous les avez commis grâce à votre robe de bure qui incitait les enfants à la confiance, au silence. C'est une circonstance aggravante. Vous les avez salis à vie", a dit le magistrat.

"Alors partez en prison pour dix ans, monsieur. C'est le maximum. Et emmenez avec vous votre longue liste de victimes. Quant à vos pleurnicheries, vos excuses, vos remords à la barre, sachez qu'elles m'ont écoeuré", a conclu Yves Delpérié.

S'adressant une dernière fois à la cour avant qu'elle ne se retire pour délibérer, le frère Albert a de nouveau demandé "pardon" à ses victimes, admettant "tout le mal que je leur ai fait".

L'avocate de Pierre-Etienne Albert, Me Elisabeth Rudelle-Vimini, a mis en avant dans sa plaidoirie "la solitude, les remords, les demandes de pardon" de son client et demandé une peine "juste contre un homme à terre".

"Mon client attend de votre Cour une peine juste, normale. Sa vie est déjà brisée. Ne l'enfoncez pas plus encore dans l'enfer qu'est devenu sa vie", a-t-elle dit.

"Il attend que passe la justice des hommes. Mais sachez qu'il a déjà été puni par ceux qu'il aimait le plus, ceux de sa communauté, qui l'ont banni, depuis. Ils l'ont banni à vie", a ajouté l'avocate.

Nicolas Fichot, édité par Patrick Vignal

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