LILLE, 16 août (Reuters) - La police a procédé à une première série de cinq interpellations à Amiens après les violences qui ont fait 17 blessés dans les rangs des forces de l'ordre dans la nuit de lundi à mardi, a indiqué jeudi la préfecture de la Somme.

Quatre personnes dont deux mineurs ont été arrêtées dans le quartier d'Amiens-Nord, théâtre des affrontements entre jeunes et policiers, a précisé la préfecture. Deux de ces personnes ont été interpellées pour flagrant délit d'incendie de poubelles, une pour vol et l'autre pour trafic.

Une cinquième personne, recherchée depuis dimanche soir pour incitation à la rébellion, a été interpellée dans un autre quartier de la ville. Ces cinq interpellations, qui concernent des personnes âgées de 15 à 30 ans habitant Amiens-Nord, ont un lien direct avec les violences de la nuit de lundi à mardi, a-t-on ajouté de même source.

La nuit de mercredi à jeudi a été calme, comme la précédente, indique la préfecture, qui ajoute qu'un dispositif de sécurité renforcé est maintenu pour procéder à de nouvelles interpellations et garantir le retour au calme.

De premiers incidents s'étaient produits dimanche à Amiens-Nord après un contrôle policier d'une dizaine de jeunes réunis pour rendre hommage à l'un de leurs camarades tué dans un accident de scooter.

La situation s'est embrasée lundi soir quand les policiers, confrontés à une centaine de jeunes émeutiers, ont essuyé des tirs de chevrotine et des jets de projectiles. Trois bâtiments publics, dont une école et un centre sportif, ont été incendiés.

Venu mardi sur place, Manuel Valls a été hué par des jeunes à son arrivée dans ce quartier récemment classé en "zone de sécurité prioritaire" où le taux de chômage approche 45%.

Le ministre de l'Intérieur avait promis la fermeté à l'égard des auteurs des violences et indiqué qu'il y aurait des interpellations.

Sur France Inter à 8h20, le ministre de l'Intérieur a confirmé que l'ordre a été rétabli et que la police allait procéder à d'autres arrestations.

Il s'agit du premier test important pour le nouveau gouvernement socialiste en matière de violences urbaines, un phénomène apparu en France dans les années 1970 et qui ébranle par intermittence les quartiers sensibles des grandes villes.

Fanny Bertrand, édité par Patrick Vignal

Mots-clés :
Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.