[scald=69431:sdl_editor_representation]PARIS (Reuters) - Cinq pirates somaliens ont été condamnés mercredi à des peines de quatre à huit ans de prison par la cour d'assises de Paris pour la prise d'otages du voilier Carré d'As en 2008 dans le golfe d'Aden.

Un sixième accusé a été acquitté.

L'accusation avait requis des peines allant de six ans à 16 ans de prison contre les six hommes en dénonçant le "fléau" de la piraterie somalienne.

Les six hommes, âgés de 21 à 36 ans, ont demandé pardon, mercredi, à leurs deux victimes françaises et sollicité la clémence de la justice française à l'issue de leur procès.

Ils avaient été capturés en septembre 2008 dans le golfe d'Aden après l'assaut par des commandos français du voilier Carré d'As, où un couple de Français était retenu en otage.

L'assaut français avait fait un mort chez les pirates. Poursuivis pour "détournement de navire, enlèvements, séquestrations avec demande de rançon, association de malfaiteurs et vol en bande organisée", les accusés encouraient la perpétuité.

L'accusation entendait à travers ce procès donner un coup d'arrêt au phénomène de la piraterie. Mais la défense a estimé qu'on s'en prenait à des lampistes.

Quatre affaires de piraterie en Somalie sont au total instruites par la justice française, qui détient 22 Somaliens, y compris ceux du Carré d'As.

Du fait de la déliquescence de l'Etat somalien, la piraterie avec prises d'otages est aujourd'hui endémique. On estimait fin octobre que 17 bateaux étaient aux mains de pirates capables de sévir à des centaines de kilomètres au large du littoral de leur pays, où l'anarchie et l'insécurité règnent depuis 1991.

Les assaillants du Carré d'As, capturé en mer puis ramené vers la côte, réclamaient d'abord quatre, puis deux millions de dollars pour la vie de Jean-Yves Delanne et son épouse Bernadette, retenus prisonniers dix jours avant l'opération militaire ayant conduit à leur libération.

Certains des accusés ont admis un rôle limité dans la surveillance des otages ou l'interprétariat, d'autres expliquant avoir eu un simple rôle d'employés des ravisseurs et disant avoir été contraints de participer à la séquestration.

Ils auraient tous travaillé, a conclu l'enquête, pour un gang de mer dirigé par un ex-douanier somalien, Youssouf Haji Shiré, qui n'a pas été capturé.

Gérard Bon

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