PARIS (Reuters) - Deux figures populaires de l'écologie politique française, le député européen Daniel Cohn-Bendit et l'ancien syndicaliste paysan José Bové, ont apporté lundi leur soutien à la candidate à la présidentielle Eva Joly, en perdition dans les sondages.

L'ancienne juge reste bloquée à 3% d'intentions de vote dans les enquêtes d'opinion et descend même dans certaines à 2%, sur fond de controverse concernant certaines de ses propositions. Europe écologie-Les Verts (EELV) entrevoit donc le spectre d'un échec semblable à celui de 2007 avec Dominique Voynet (1,57%).

Héros de son parti en qualité notamment d'artisan de son score historique de 16,28% aux européennes de 2009, Daniel Cohn-Bendit, s'était interrogé à plusieurs reprises sur l'intérêt d'une candidature écologiste à la présidentielle.

Il a néanmoins soutenu Eva Joly lundi.

"Oui je soutiens la campagne d'Eva pour qu'elle remette l'Europe et la transformation écologique au coeur des débats. Je vote pour ces contenus", a-t-il dit lors d'une conférence de presse commune à Paris avec José Bové.

Daniel Cohn-Bendit était allé le 13 janvier jusqu'à se dire tenté par un "vote utile" pour le socialiste François Hollande au premier tour.

Figure depuis 1999 du mouvement alter-mondialiste, José Bové, absent jusque là de la campagne d'Eva Joly dont il est pourtant censé être porte-parole, a également soutenu l'ancienne juge d'instruction.

"Eva Joly représente véritablement une alternative dans l'ensemble du débat national", a-t-il expliqué.

L'idée d'Eva Joly d'instaurer un nouveau jour férié pour les juifs et les musulmans a semé le trouble jusque dans son propre parti, de même qu'un appel à un engagement de désistement réciproque lancé au centriste François Bayrou.

Le parti EELV souhaiterait la voir porter davantage les thèmes écologistes. La candidate l'a fait le 13 janvier en promettant la création d'un million d'emplois d'ici 2020 en France grâce à la transition "verte".

Ses propositions sur ce point semblent cependant peu audibles pour l'instant dans une campagne portant essentiellement sur le chômage et la dette. Eva Joly doit présenter la totalité de son programme le 11 février.

EELV paraît surtout tourné vers les législatives de juin où un accord avec le PS lui ouvre la possibilité de la constitution, pour la première fois de son histoire, d'un groupe parlementaire à l'Assemblée.

Thierry Lévêque, édité par Patrick Vignal

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