PARIS (Reuters) - Le gouvernement français va lancer un plan contre le "décrochage" scolaire qui permettra selon lui de donner une formation à 20.000 enfants en 2013 et 70.000 au total d'ici 2017, a annoncé mardi le ministre de l'Education Vincent Peillon.

Ce sujet, qui touche fortement les enfants issus des milieux les plus pauvres, avait déjà été érigé en priorité en 2009 par la précédente majorité. Il n'y aura pas de moyens financiers nouveaux, a précisé le ministre sur RTL.

Parmi les moyens proposés par le gouvernement, il y a notamment le service civique "partiel et provisoire". Il existe déjà pour les 16-25 ans, et consiste à effectuer une mission d'intérêt général, contre rémunération.

Martin Hirsch est le président de l'Agence du service civique, il répond à Angélique Bouin.

"On le fait avec les moyens de l'Education nationale, la mobilisation des régions, nous n'avons pas besoin d'argent", explique Vincent Peillon. Sur 140.000 enfants qui quittent l'école sans diplôme, 10.000 sont déjà "raccrochés", dit-il, estimant qu'il voulait donc doubler immédiatement ce chiffre.

Il souligne que le décrochage touche 20 à 25% de la jeunesse du pays qui se retrouve ainsi sans formation, sans emploi et dans la pauvreté. "Pour la cohésion sociale du pays, pour la compétitivité, c'est un drame", estime-t-il.

"Les décrocheurs, il faut les raccrocher. Il faut une mobilisation générale" , explique le ministre.

Il a réuni dans la journée les acteurs, régions, missions locales, représentants des enseignants, afin de présenter les mesures.

Un "référent" sera désigné dans chaque établissement scolaire afin d'identifier les élèves qui décrochent. Des "plates-formes" regroupant les lycées pour coordonner les places vacantes seront créées.

Le plan prévoit aussi des entretiens individuels pour chaque jeune "décrocheur" et des signatures d'un contrat "objectif emploi" où sera proposé une formation qualifiante. Une carte géolocalisée des offres de formation sera mise à disposition pour les téléphones portables, a expliqué le ministre.

Thierry Lévêque

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