Selon l’enquête des juges Van Ruymbeke et Le Loire, les contrats pakistanais et saoudiens « ont occasionné des versements très importants dans des circuits opaques passant, entre autres, par le Lichtenstein, les îles anglo-normandes, le Luxembourg et la Suisse. » Des commissions rogatoires internationales ont permis de retracer une partie des circuits financiers, avec, à l’arrivée, des retraits en espèces « de plus de 70 millions de francs en 1994, 1995 et 1996 », dont Takieddine apparaît comme le destinataire, grâce notamment à un compte-relais d’un sheik koweitien. Devant le juge Van Ruymbeke, El-Assir reconnaît qu’une partie des commissions étaient versées en liquide à Takieddine, tout en assurant qu’il ignorait la destination finale de cet argent …

D’une manière générale, il est exact de dire que certains retraits en liquide que j’ai opérés en 1994 ont été remis par la banque sur instruction de ma part à Ziad Takieddine. Je n’ai pas un souvenir exact des montants. C’est Ziad Takieddine qui me demandait de lui remettre ce liquide. C’était son problème et non le mien. J’ignore pour quelles raisons il voulait du liquide. Je ne lui ai rien demandé. Je lui devais une part des commissions que j’avais encaissées, ou que j’allais encaisser, c’est tout ce qui m’importait. (…)

J’affirme que si je m’étais douté qu’il [s’était] agi de rétro-commissions à verser à des décideurs français, j’aurais refusé. J’ai toujours travaillé dans ce que je considère être la légalité, ce qui exclut des rétro-commissions. (…)

Comme je voyage beaucoup et que je devais de l’argent à Ziad Takieddine, j’ai demandé à Mutstapha Al-Jundi [un collaborateur d’El-Assir] de trouver une solution pour remettre cet argent à Ziad Takieddine qui, d’une manière générale, refusait de signer des quittances bancaires. Il craignait les douanes françaises qu’il croyait attentives à ce qui se passait dans les banques suisses. (…)

Nous partagions au fur et à mesure avec Ziad Takieddine qui voulait recevoir sa part sans attendre. C’est lui qui souhaitait recevoir une partie en liquide. Je n’ai pas estimé utile de lui demander pour quelle raison, considérant que c’était sa décision et son problème. Pour moi, c’était son argent. L’usage qu’il en a fait relève de sa seule responsabilité. Je n’aurais jamais accepté que des rétro-commissions soient versés à qui que ce soit.

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