Nos envoyés spéciaux en Lombardie, Thibault Lefèvre et Sandrine Mallon, sont revenus par avion vendredi soir. Ils nous décrivent, étape par étape, les mesures de précaution mises en place (ou pas) tout au long de leur trajet entre l’aéroport de Milan Malpensa et Roissy-Charles-de-Gaulle.

Dans l'avion en provenance de Milan
Dans l'avion en provenance de Milan © Radio France / Thibault Lefèvre

Arrivée à l'aéroport de Milan ce vendredi un peu avant 18h. Peu de voyageurs portent des masques de protection. En revanche, devant le comptoir d'Air France, les quatre employés de la société privée chargés d'accueillir les passagers en sont eux équipés. Silvia manie les passeports et les cartes d'embarquement avec des gants en plastique mais elle a laissé son masque dans son sac à main. "Ça dépend du nombre de passagers et surtout des vols. Il y a des vols où je mets le masque. C'est un choix personnel. Sur les vols Emirates par exemple, je préfère porter le masque parce que beaucoup de voyageurs arrivent de Chine ou du Pakistan par exemple." Les bagages sont enregistrés, direction la porte A5, l'embarquement est à 18h55.  

Les contrôles 

Devant le portique de sécurité, Vincenzo, agent lui aussi d'une société privée, contrôle les cartes d'embarquement et oriente les passagers vers les différentes files d'attente. Lui porte un masque car il se sent "un peu malade". Il répond aussi aux inquiétudes des uns et des autres mais reconnaît manquer de consignes claires, notamment pour le retour en France. "Je ne connais pas le type de contrôle qu’ils font en France. Ici par exemple, quand tu arrives, ils prennent ta température. Mais en France, je ne sais pas". À l'aller en effet, les passagers sont entrés en file indienne dans l'aérogare de l’aéroport de Milan et un agent muni d'un thermomètre frontal prenait brièvement leur température. 

Devant la porte d'embarquement 

Là encore, aucune consigne. Les passagers sont toujours libres d'adopter les mesures de précaution de leur choix. Sara et Andrea, par exemple, partent pour Paris quelques jours et n'ont aucune idée de l'attitude à adopter. Ce n'est pas le cas de Fernanda. Elle est mexicaine, vit à Milan depuis 7 ans et s'apprête à rejoindre son petit ami à Paris : 

"Je suis une personne responsable et je vais donc m'enfermer. C'est comme ici : je ne sors pas, parce que je ne sais pas si j'ai ou non le coronavirus. Je reste en auto-quarantaine."

L'avion est un Airbus A-319 affrété par la compagnie Air France. Il peut transporter jusqu'à 132 passagers. Ils devaient y en avoir 87, ils ne seront plus que 62 après 25 annulations.

Dans l'avion

Deux hôtesses accueillent les passagers à bord. Elles ne portent ni masque ni gants et disent n'avoir reçu aucune consigne de la direction de la compagnie. C'est donc le bon sens qui prévaut. "Vous surveillez votre état de santé pendant les 15 prochains jours, en faisant ce qu'ils disent à la radio : vous prenez votre température deux fois par jour et en cas de fièvre, si vous toussez, si vous êtes dans un état fébrile, vous appelez le 15. Toute la journée, ils répètent ça." Un peu moins d'1h30 de vol. À l'arrivée, le terminal 2F de l'aéroport Charles de Gaulle est étonnamment vide. 

À l'arrivée

Il n’y a qu’à l’arrivée que les voyageurs sont finalement informés. Avec des feuilles volantes du ministère de la Santé, empilées sur un promontoire, au niveau des tapis à bagages. Masque sur le visage, Isabelle revient de Venise : "On s'attendait vraiment à avoir un petit comité d'accueil.  J'aurais trouvé normal qu'on nous dise de penser à prendre le papier. Ils l'ont quand même mis en italien. Mais franchement, on est les seuls à l'avoir pris. Ça ne vous étonne pas ?" 

La réponse vient du centre de médical de l'aéroport. La présence physique d'agents est obligatoire sur les vols en provenance de Chine, pour les autres, pour le moment, seuls les documents sont proposés en libre-service aux voyageurs. Avec l'arrivée du coronavirus en Europe, le personnel du centre médical de l'aéroport est sollicité trois à quatre fois plus qu'en temps normal.

Les consignes du ministère de la Santé distribuées à l'aéroport Charles de Gaulle
Les consignes du ministère de la Santé distribuées à l'aéroport Charles de Gaulle © Radio France / Thibault Lefèvre
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