par Tom Miles

GENEVE (Reuters) - La concentration de gaz à effet de serre dans l'atmosphère a atteint un niveau sans précédent en 2010 et l'augmentation a été plus rapide cette année-là que la moyenne de la dernière décennie, indique l'Organisation météorologique mondiale (OMM) dans son bulletin annuel sur le sujet.

Les concentrations de dioxyde de carbone, de méthane et de protoxyde d'azote, gaz à effet de serre à la dispersion la plus lente, ont respectivement augmenté de 39%, 158% et 20% depuis le début de l'ère industrielle, précise l'OMM.

L'effet de réchauffement provoqué par certains gaz à effet de serre (GES), soit la quantité nette de rayons entrant dans l'atmosphère), a augmenté de 29% depuis 1990 et de 1,4% de 2009 à 2010, dernière année pour laquelle des statistiques sont disponibles, indique l'OMM.

Ce bulletin annuel de l'OMM mesure la quantité de gaz à effet de serre présents dans l'atmosphère, sur la base de relevés communiqués par un réseau de stations de surveillance réparties dans plus de 50 pays.

Le dioxyde de carbone, responsable de 80% du réchauffement climatique enregistré ces 20 dernières années, a augmenté rapidement avec le recours accru à des combustibles fossiles. Cependant, près de la moitié du dioxyde de carbone dégagé par les combustibles fossiles depuis 1958 a été absorbé par les océans et, à terre, par les végétaux, nuancent les auteurs du rapport.

Le deuxième GES le plus important, le méthane, est de nouveau en augmentation dans l'atmosphère ces cinq dernières années, après avoir stagné de 2000 à 2006 pour des raisons qui n'ont pas été complètement éclaircies.

Le troisième GES le plus important est le protoxyde d'azote, qui peut emprisonner près de 300 fois plus de chaleur que le dioxyde d'azote. Dans les activités humaines, il provient avant tout des engrais, lesquels, selon le rapport de l'OMM, ont "profondément modifié le cycle mondial de l'azote".

L'impact des engrais est si marqué que l'on décèle davantage de protoxyde d'azote dans l'hémisphère nord, où l'on utilise le plus de fertilisants, que dans l'hémisphère austral.

Jean-Philippe Lefief et Eric Faye pour le service français

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