Regardons la situation en face. On ne peut malheureusement pas exclure la victoire de l'opposition syrienne.

Ce sont les mots du vice-ministre russe des Affaires étrangères, Mikhaïl Bogdanov. Il a reconnu jeudi dans la journée que l'insurrection gagnait du terrain en Syrie et qu'elle était peut-être en mesure de l'emporter.

Cette déclaration a résonné comme une sorte d'aveu de la possible chute de Bachar al Assad que Moscou soutient de manière indéfectible depuis le début de l'insurrection en mars 2011.

L'analyse de Bernard Guetta dans Géopolitique

Les Etats-Unis ont immédiatement réagi. L'idée d'un rapprochement Russie-Etats-Unis semble possible à la condition que les puissances occidentales n'interviennent pas militairement en Syrie. Pour Victoria Nuland, porte-parole du département d'Etat :

Nous tenons à saluer le gouvernement russe pour avoir finalement admis la réalité et avoir reconnu que les jours du régime (syrien) étaient comptés. La question est désormais de savoir si le gouvernement russe va rejoindre ceux qui au sein de la communauté internationale travaillent avec l'opposition pour tenter d'opérer une transition démocratique en douceur. Ils (les Russes) peuvent cesser le soutien rémanent qu'ilsfournissent au régime d'Assad, que ce soit un soutien matériel ou financier. Ils peuventégalement nous aider à identifier ceux qui, en Syrie, pourraient vouloir travailler à une structure de transition"

Il reste pourtant des points de désaccord. L'émissaire international Lakhdar Brahimi a rencontré à deux reprises cette semaine des responsables américains et russes afin de trouver une solution à la crise syrienne basée sur l'accord conclu à Genève en juin et prévoyant la création d'un gouvernement de transition.

Pour Moscou, la reconnaissance internationale de l'opposition syrienne, en particulier par les Etats-Unis, sape les efforts diplomatiques.

Les Russes s'opposent également à l'argument de Washington selon lequel l'accord de Genève signifie clairement que Bachar al Assad doit démissionner.

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