La Corée du Sud a démenti lundi s'attendre à un quatrième essai nucléaire nord-coréen. Pékin rappelle son attachement à une péninsule dénucléarisée. Le chef des forces américaines en Corée du Sud reporte un déplacement.

La Corée du Sud a démenti lundi s'attendre à un quatrième essai nucléaire nord-coréen, dans un contexte de forte tension dans la péninsule en raison des menaces proférées par le régime communiste de Pyongyang. Selon un porte-parole, du ministère sud-coréen de la Défense :

Nous n'avons pas relevé de mouvements inhabituels qui nous donneraient à penser que (la Corée du Nord) a l'intention de procéder à un essai nucléaire.

Un journal sud-coréen avait auparavant rapporté que les mouvements observés sur le site d'expérimentation atomique nord-coréen étaient similaires à ceux ayant eu lieu avant les précédents essais et semblaient indiquer que Pyongyang s'apprêtait à procéder à un quatrième essai. Selon le quotidien JoongAng Ilbo qui cite un responsable anonyme :

Il y a des mouvements de personnels et de véhicules au niveau du tunnel sud (de la base d'essai nucléaire) de Punggye-ri. Nous surveillons car la situation est similaire à celle observée avant le troisième essai nucléaire

. Pyongyang a procédé le 12 février au troisième essai nucléaire souterrain de son histoire, provoquant un renforcement des sanctions de l'Onu à son encontre.

Activité suspendue à Kaesong

mise en garde chinoise face à la surenchère nord-coréenne
mise en garde chinoise face à la surenchère nord-coréenne © reuters

Le président russe, Vladimir Poutine, a lancé un appel au calme lundi et invité les parties concernées à s'asseoir autour de la table des négociations.

Manifestant sa préoccupation face à l'escalade de la situation, il a déclaré qu'en cas de déflagration, Tchernobyl (centrale ukrainienne où s'est déroulée en 1986 la plus grande catastrophe nucléaire civile de tous les temps, NDLR) ressemblerait en comparaison à "un conte de fées pour enfants" :

Ce n'est un secret pour personne, nous sommes préoccupés par l'escalade de la situation dans la péninsule coréenne parceque nous sommes voisins", a-t-il dit. "Et si, Dieu nous engarde, quelque chose arrivait, Tchernobyl, que nous connaissons tous, pourrait bien ressembler (en comparaison) à un conte de fées pour enfants. Existe-il ou non une menace semblable ? Je pense que oui (...)", a-t-il ajouté.

De plus en plus isolée sur la scène internationale, la Corée du Nord a multiplié les mises en garde ces dernières semaines, affirmant être en "état de guerre" avec le Sud, menaçant de frapper des cibles américaines et bloquant l'accès à la zone industrielle de Kaesong exploitée en commun avec Séoul.

Lundi, Pyongyang a annoncé le retrait de l'ensemble de sa main-d'oeuvre de la zone industrielle mixte, à la frontière entre les deux pays. Le régime communiste a, en outre, suspendu toutes ses opérations sur ce site, vital pour son commerce extérieur, rapporte l'agence de presse nord-coréenne KCNA.

Environ 475 employés sud-coréens sont toujours à Kaesong, où 13 usines ont cessé toute activité par manque de matières premières, dit le ministère sud-coréen de l'Unification.

La Corée du Nord aurait indiqué à son allié chinois, de plus en plus réticent, qu'elle entendait mener un, voire deux essais supplémentaires cette année afin d'obliger les Etats-Unis à engager des discussions diplomatiques, avait expliqué une source familière du dossier après l'essai du 12 février.

Les déclarations bellicistes de Pyongyang ont contraint Pékin, seul allié politique et principal partenaire commercial de Pyongyang, à changer sensiblement de ton.

Kerry attendu en Corée du sud

... ou John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain et envoyé spécial d'Obama au Soudan
... ou John Kerry, président de la commission des Affaires étrangères du Sénat américain et envoyé spécial d'Obama au Soudan © Jean-Marie Porcher

Dimanche, le nouveau président chinois, Xi Jinping, a estimé qu'aucun pays "ne devait être autorisé à plonger une région et même le monde entier dans le chaos par calcul égoïste".

Son ministre des Affaires étrangères, Wang Yi, a ajouté que la Chine était hostile "aux déclarations et aux actions provocatrices d'où qu'elles émanent dans la région et qu'ellen'autoriserait pas que l'on sème le désordre à sa porte".

Lundi, le porte-parole du ministère chinois des Affaires étrangères a répété la position traditionnelle de Pékin, à savoir que la Chine "croit que la seule manière de parvenir à une dénucléarisation (de la péninsule coréenne) est un dialogue entre toutes les parties concernées", a-t-il dit.

La Corée du Nord a déjà fait savoir qu'elle ne pourrait plus assurer la sécurité du personnel des ambassades étrangères à Pyongyang à partir de mercredi, expliquant qu'un conflit était inévitable en raison des manoeuvres militaires américano-sud-coréennes en cours dans la péninsule. Aucundiplomate étranger ne semble avoir quitté la capitale nord-coréenne à ce jour.

Corée du Nord
Corée du Nord © Radio France

Autre signe de la tension dans la région : le commandant des forces américaines stationnées en Corée du Sud, le général James Thurman, a annulé un voyage prévu à Washington cette semaine. Il devait déposer devant trois commissions du Congrès pour s'expliquer sur la réponse américaine aux menaces proférées par les autorités nord-coréennes.

Washington a déjà révisé sa stratégie de défense antimissile en Alaska et déployé un système de défense de cette nature sur l'île de Guam dans le Pacifique. En outre, un test de missile intercontinental prévu de longue date de Californie a été reporté afin "d'éviter toute incompréhension et erreur d'interprétation", a précisé le Pentagone.

Le secrétaire d'Etat américain, John Kerry, est attendu cette semaine à Séoul. Quant au Nord, il prévoit des célébrations et peut-être des parades ou démonstrations militaires lundi prochain, à l'occasion de l'anniversaire de la naissance de son fondateur, Kim Il-sung (né le 15 avril 1912), grand-père de l'actuel dirigeant, Kim Jong-un.

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