La ministre des Armées n’a pas hésité quand elle a appris qu’une quarantaine de marins du porte-avions avaient de la fièvre et toussaient depuis deux jours. À titre de précaution, Florence Parly a donné son feu vert à un retour anticipé du "Charles de Gaulle" à Toulon, normalement prévu pour le 23 avril.

Une quarantaine de personnes pourraient être contaminées sur le porte-avions "Charles de Gaulle", qui croise actuellement au large du Portugal.
Une quarantaine de personnes pourraient être contaminées sur le porte-avions "Charles de Gaulle", qui croise actuellement au large du Portugal. © Ministère des Armées

Le Charles de Gaulle, fleuron de la Marine nationale, avec sa vingtaine d’avions de chasse Rafale embarqués, a  fait demi-tour en raison d’une suspicion de contamination au coronavirus parmi les 1760 personnes à bord (1200 marins et 560 membres de l'état-major et du groupe aérien embarqué). Une quarantaine de marins seraient concernés.

Déployé dans le cadre de la mission Foch, l’imposant bâtiment à propulsion nucléaire (42 000 tonnes, 261 mètres de long) était parti de France depuis le 21 janvier. D’abord pour des opérations dans le cadre de la mission Chammal contre le groupe État islamique en Méditerranée orientale puis en mer Baltique, où il venait de terminer des entraînements avec d'autres groupes aéronavals alliés (Allemagne, Belgique, Danemark, Espagne, Pays-Bas et Portugal).

Le "Charles" embarque, outre une vingtaine de Rafale, plus de 1 700 personnes à son bord
Le "Charles" embarque, outre une vingtaine de Rafale, plus de 1 700 personnes à son bord © Radio France / Nathalie Hernandez

Tests en cours et confinement

Croisant actuellement au large du Portugal, le navire, aussi haut qu’un immeuble de 25 étages, va accueillir aujourd’hui une équipe du Service de santé des armées, dont des épidémiologistes, pour réaliser des tests de contamination au Covid-19. 

En attendant, les marins affectés ont été placés à l’isolement à l’avant du porte-avions. Pour l’heure pas d’aggravation. Mais dans le cas contraire, le Charles de Gaulle dispose d’un plateau médical très performant.

Une vingtaine de soignants sont présents depuis le début de la mission (médecins, infirmiers, chirurgiens). Ils disposent d'une salle d’hospitalisation d’une douzaine de lits, de respirateurs et d'un scanner. Et s’il y avait urgence, une évacuation aérienne vers un hôpital militaire est réalisable en quelques heures. 

Par ailleurs, toutes les mesures ont été prises pour préserver le personnel. Les espaces communs du bâtiment sont désinfectés deux fois par jour, des masques vont être distribués à titre préventif et les réunions sont réduites au strict minimum. 

Contaminés à Brest ?

Quand et où les marins ont-ils pu être contaminés ? Depuis le début de sa mission, le Charles de Gaulle n’a réalisé que deux escales. Il y dix jours au Danemark, pour se ravitailler, mais personne n’a posé le pied à terre.

La précédente escale avait eu lieu à Brest, du 13 au 16 mars à l'occasion de laquelle les marins bretons – ils représentent environ un tiers de l’équipage – ont pu débarquer et retrouver leurs proches. Ironie du sort, une "journée des familles" était prévue mais  elle a été annulée par crainte du Covid-19…  

La probabilité d'une contamination à cette occasion n’est désormais pas exclue par l’état-major des armées.

Ce contenu n'est pas ouvert aux commentaires.