Plusieurs établissements israéliens ont dû refermer leurs portes après avoir enregistré de nombreuses contaminations au coronavirus. Le gouvernement israélien a dû adapter sa doctrine de déconfinement. À Jerusalem, un seul professeur serait responsable de plus d'une centaine de cas.

Le lycée de Rehavia à Jérusalem a dû refermer ses portes après seulement deux semaines de fonctionnement
Le lycée de Rehavia à Jérusalem a dû refermer ses portes après seulement deux semaines de fonctionnement © Radio France / Frédéric Métézeau

Combien sont-ils à avoir été contaminés ? Depuis la fin de la semaine passée, le nombre d'élèves et d'employés du Lycée de Rehavia (Jérusalem-ouest) infectés par le virus ne cesse d'augmenter. Dimanche soir, le quotidien Yediot Aharonot recensait plus de 140 cas dans ce grand établissement public de l'ouest de Jérusalem, situé dans une agréable rue bordée d'arbres, de petits commerces et de restaurants. Sur Facebook un lycéen, Amit Sason, s'est plaint de négligences dans l'application des mesures de sécurité sanitaire :

"À la grille de l'école, tout le monde s'est agglutiné et nous sommes entrés collés les uns aux autres. Alors que nous portions des masques, il s'est trouvé certains professeurs à penser que [ces protections] étaient seulement recommandées pour eux."

Sur la 12 (la chaîne de télévision la plus regardée du pays), une autre élève dénonce de son côté "le sentiment d'euphorie et l'indifférence" face aux consignes de distanciation physique. Et Itai Mizrahi de citer "les accolades avant et après l'école ou les étudiants qui enlèvent leurs masques pendant les pauses alors que c'est interdit".

Quarantaine jusqu'au 9 juin

Mais toujours selon la 12, le lycée aux murs ocres et aux portes bleu et blanc (les couleurs du drapeau israélien) serait devenu un "cluster" à cause d'une seule personne : un professeur qui se savait malade qui serait tout de même venu travailler, introduisant le virus dans les lieux.

Le lycée a cessé toute activité seulement deux semaines après la reprise des cours et l'ensemble des élèves et du personnel (soit 2 000 personnes, qui ont toutes été testées, selon la maire adjointe de Jérusalem Fleur Hassan-Nahoum) sont à l'isolement chez eux jusqu'au 9 juin.

Tout Israël se demande maintenant qui est ce "supercontaminateur" ? Un homme ? Une femme ? Enseignant quelle matière et dans quelle classe ? Mais plus généralement, les écoles semblent être devenues des foyers de contamination. Dans plusieurs villes du pays, 32 établissements recensent un ou plusieurs cas et 17 ont été fermés. La ville de Jérusalem a même été classée "zone rouge", mais nulle part dans le pays les capacités d'accueil hospitalières ne sont saturées.

15 000 tests par jour

Durant tout le congé de shabbat, de vendredi après-midi à samedi soir, les élèves, parents, enseignants et personnels se sont demandé si tous les établissements allaient refermer leurs portes comme le demandait le ministère de la Santé. Finalement, après une reprise des cours par phases depuis le 3 mai, seules les écoles ayant enregistré beaucoup de nouveaux cas sont fermées au cas par cas.

Malgré cela, le nouveau ministre de la Santé a édicté dimanche de nouvelles mesures qui rappellent les moments les plus stricts du confinement. Yuli Edelstein veut que 15 000 tests soient pratiqués quotidiennement dans le pays. Les personnes à symptômes et leurs proches, mêmes asymptomatiques, devront être testés deux fois, à cinq jours d'intervalle.

Ces 15 000 tests journaliers seront notamment assurés par le Magen David Adom (l'équivalent israélien de la Croix Rouge et du Samu) en "drive-in" sur quatre parkings de centres commerciaux réquisitionnés à l'occasion. Ce dispositif, mis en place au plus fort de l'épidémie puis fermé lors du déconfinement, a ainsi été réactivé.

Un test en "drive in" mis en place sur un parking par le Magen David Adom
Un test en "drive in" mis en place sur un parking par le Magen David Adom / Magen David Adom

La quatorzaine est également de rigueur pour les malades et tous ceux ayant été en contact avec une personne malade, même s'ils ne présentent pas de symptômes.

"Restez en alerte !"

Samedi soir, Benyamin Netanyahou a pris la parole en direct à la télévision pour regretter "un changement de tendance dans la courbe des cas et un relâchement général de la discipline". Le Premier ministre israélien estime que le pays est encore "dans une période test et j'appelle la population à rester en alerte, sinon, nous ne pourrons pas relancer l'économie et les emplois."

Lundi 1er juin au matin, Israël recensait officiellement 2 001 malades "actifs" dont 34 dans un état jugé sérieux. 285 personnes sont mortes du coronavirus dans ce pays peuplé d'un peu plus de 9 millions d'habitants. C'est proportionnellement plus de victimes qu'en Cisjordanie, à Gaza, en Jordanie, en Grèce ou à Chypre. Mais beaucoup moins qu'en Europe de l'Ouest ou aux États-Unis.

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